‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 47 sur 118 · lbid., p · texte numérisé non relu

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du singe à l'homme, le terme de comparaison a changé.

Ainsi donc, en dépit des rêveries cosmogoniques d'une science dans son enfance, le sens psychologique de la race grecque paraît en garde contre le péril de tout confondre. Les atomistes eux-mêmes, les pères du matérialisme, ont des maximes presque identiques à celles que nous venons de trouver dans Heraclite. « La noblesse des bêtes de somme, disait Démocrite, réside dans la force de leurs corps; mais celle des hommes est dans la bonté de leurs mœurs... La beauté du corps, sans l'esprit, n'a rien que de bestial *. »

Chose au premier abord étonnante, les idéalistes de l'école d'Élée font la part moins belle à notre nature. « Tout vient de la terre et de l'eau, dit Xénophane 2, nous sommes tous nés de la terre et de l'eau. » Parménide s fait naître les premiers hommes de la terre échauffée par les rayons du soleil : quant à l'âme, il la regarde comme ne faisant qu'un avec l'organisme. Tel doit bien être en effet le sens un peu obscur de ce passage où il avance que tout ce qui domine {m)Jm) dans le tempérament constitue la pensée même ; car dans quelques autres fragments, nous voyons qu'il n'établit aucune différence entre sentir et penser. Est-ce bien là, dira-t-on, l'opinion de ces philosophes qui ont parlé si magnifiquement quoique si témérairement de l'Etre infini et de la raison qui en contemple l'essence ? Oui ; et l'on peut même observer que c'est là une conclusion assez logique du panthéisme idéaliste. Si tout ce qui n'est pas l'être pur, immuable et infini, n'est qu'illusion et apparence éphémère, à quoi bon établir des différences entre les formes de ce monde fini, divisible, qui, à vrai dire, ne se dis-

1. Fragmenta vetenim philosophorum (collection grecque-latine de F. Didot), tome I, p. 345.

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