‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 48 sur 118 · Ibid., p. 189. Cf. Thèse de Riaux sur Parménide d'Klée · texte numérisé non relu

Ibid., p. 189. Cf. Thèse de Riaux sur Parménide d'Klée

tingue point du néant? Toute doctrine qui, comme cette variété du Panthéisme, enlève à l'homme sa personnalité, lui ravit du même coup tous les autres attributs.

La philosophie pythagoricienne * touche de bien près, elle aussi, au Panthéisme, puisque pour elle toutes les âmes qui animent des corps quelconques à la surface de la terre sont des émanations ou des parcelles de l'âme universelle ou divine. Mais on sait que c'est là une variété de Panthéisme qui compromet beaucoup plus la personnalité divine que les personnalités finies. Le Pythagorisme affirmer sans doute que tous les êtres vivants sont liés les uns aux autres par le principe même de leur être, par le fond commun et identique de leur nature : les animaux sont parents de l'homme comme l'homme est parent des dieux ; et voilà pourquoi ceux qui tuent des animaux sont criminels : ils tuent des êtres qui leur sont unis par le sang. Mais cependant ces formes de l'âme divine sont inégalement douées. L'étude même de l'homme montre aux Pythagoriciens qu'il est deux modes d'existence impossibles à confondre ; car dans l'homme ils voient d'abord l'âme inférieure , principe de la vie sensible ayant dans le cœur son siège et son organe, puis l'âme supérieure, vouç, résidant dans la tête. Cette distinction les aide, comme elle aidera tous les philosophes ultérieurs qui la feront, à distinguer l'homme de l'animal : l'homme a les deux modes d'existence ou les deux âmes ; l'animal n'a que l'âme inférieure et la vie sensitive. Ainsi sont marquées à la fois la ressemblance et la différence des deux natures.

La différence des âmes tient-elle, dans le Pythagorisme, à l'essence même des âmes ? Gela paraît peu probable, si l'on se reporte aux doctrines que nous venons de résumer sur l'identité fondamentale des êtres émanés

1. Voyez particulièrement Chaignet, La philosophie pythagoricienne; et les textes pythagoriciens dans les Fragmenta déjà cités.

d'un même principe. Mais d'ailleurs un texte de Plutarque ' nous donne sur ce point de précieuses lumières. D'après Plutarque qui prête à Platon une opinion semblable, Pythagore reconnaissait à l'infériorité des animaux proprement dits deux causes : 1° l'imperfection de leurs corps, en général ; 2° l'absence de langage articulé ; car, disait-il, les animaux ont une voix, mais ils ne parlent pas (XaXoïïtrt fxév où <ppaaou<yc Se) ; l'homme seul, par la supériorité de son organisation physique et par la faculté du langage, est capable de penser et de connaître. » Et ainsi, bien que la raison soit au fond dans tous les êtres, tous les êtres néanmoins ne peuvent pas agir rationnellement. Ce que nous savons de la doctrine de la métempsycose dans l'école Italique confirme enfin de tout point le texte de Plutarque. Une même âme va tour à tour habiter des corps inégaux en perfection et en beauté. De l'union de la même âme avec des organismes différents résultent des êtres qui sont plus ou moins à même d'agir raisonnablement.

Nous allons trouver une manière de voir assez semblable dans Anaxagore 2. Anaxagore continue, en un certain sens, les doctrines de l'école ionienne. Mais avec lui la notion de l'intelligence en tant que puissance séparée et indépendante, se dégage avec une force à laquelle Socrate, Platon et Aristote, n'ont pas ménagé les louanges. Cependant, il ne s'agit pas ici de l'intelligence qui a ordonné le monde. Il s'agit de l'intelligence qui se développe et qui pense dans les diverses parties de ce monde même. Or, Anaxagore estime que l'intelligence, si elle ne se retrouve pas chez tous les êtres, existe chez tous les êtres vivants, même chez les plantes. Il reconnaît en effet dans ces dernières (d'après le témoignage d'Aristote) les caractères qui distinguent les

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