I'iacita pbilosophorum
î. V. la thèse de M. Zévort et les textes réunis dans les Fngmtnta.
334 ÉTUDE HISTORICITE
êtres animés et intelligents. « Elles ont des facultés affectives, elles jouissent et souffrent, elles sont animées enfin, comme le prouvent la chute des feuilles et la végétation. » Il y a plus ; cette intelligence, considérée dans son essence, est partout semblable à elle-même, partout identique dans tous les animaux, grands ou petits. A quoi donc tiennent les différences des êtres? Elles tiennent, professe Anaxagore, à la nature des organes matériels qui servent l'action de l'intelligence, mais en même temps la limitent. L'animal est supérieur à la plante parce qu'il a un corps plus parfait : l'homme est supérieur aux autres animaux et se les asservit, parce qu'il a des mains. Est-ce donc que l'intelligence résulte de l'arrangement des organes ? L'intelligence elle-même, non! Elle est, de sa nature, indépendante; mais ses manifestations et son action sont subordonnées à des conditions physiques : elle agit donc avec une étendue et une perfection proportionnées aux conditions auxquelles elle est subordonnée K
Telle est l'opinion de celui qui, suivant la parole que Platon met. dans la bouche de Socrate, découvrit le principe de l'intelligence, mais ne sut pas s'en servir. Ajoutons que lui aussi se représentait l'apparition des premiers organismes humains comme le résultat d'un concours de causes physiques. On] nous a conservé de lui une phrase 2 où il est dit que les animaux sortirent d'abord de l'eau, de la chaleur et de la terre, et qu'ensuite ils naquirent les uns des autres. Ce mode d'explication persistait donc dans les écoles, et Anaxagore
1. Comparez ce passage d'Hippocrate : k L'âme est la même dans tous les êtres animés, bien que le corps diffère en chacun. L'âme est toujours semblable et dans le plus grand et dans le plus petit, car elle ne change ni naturellement ni artificiellement, mais le corps n'est jamais en rien le même, car il se résout en tout et se mêle à tout. » (Œuvres, édit. Li-ttré, tome VI, p. 501.)