‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 50 sur 118 · Fragmenta, I, p · texte numérisé non relu

Fragmenta, I, p

travaillait à le propager. Yoici ce que Diogène Laërte nous dit d'Archélaiis *, qui fut disciple d'Anaxagore et maître de Socrate. « Il pensait que les animaux étaient sortis d'abord du limon de la terre, puis les uns des autres, et il attribuait à l'homme la même origine. » Diogène d'Appollonie, au dire de Simplicius, est un philosophe qui s'est inspiré tout à la fois de Leucippe et d'Anaxagore. Sa doctrine est à peu près la même, et encore plus explicite 2. « L'air, dit-il, est ce qui contient et donne à tous les êtres l'intelligence et la vie. Or, l'air est tantôt plus agité, tantôt plus calme, tantôt plus épais, tantôt plus subtil, tantôt plus chaud, tantôt plus froid. De là les différences de forme, de sensibilité, d'intelligence chez les animaux. Mais tous cependant ne vivent, ne voient, n'entendent et ne possèdent l'intelligence que par le bienfait de ce même élément. » Ainsi continuent à marcher de front, pour ainsi dire, les hypothèses qui doivent expliquer l'origine et celles qui doivent expliquer la nature actuelle et les divers caractères des êtres intelligents. Nous ne devons donc pas être surpris de retrouver des explications transformistes comme nous en voyons chez un homme qui confine à beaucoup d'écoles : nous voulons parler d'Empédocle.

Aristote, dans sa physique, expose, en la combattant, La théorie de ce philosophe. C'est une de celles où l'on surprend le mieux ces premiers germes de l'idée transformiste, car on y trouve même les rudiments de la théorie de la sélection 3. Empédocle attribuait la production des choses et des êtres au hasard- Seulement, disait-il, les êtres qui se sont placés spontanément dans la position convenable subsistent; ceux que le hasard n'a point disposés de manière à ce qu'ils puissent vivre

Page 1