‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 52 sur 118 · SOCRATE · texte numérisé non relu

SOCRATE

qu'elle commence avec lui à réfléchir sur elle-même et à se contempler intérieurement.

Mais Socrate ne s'est-il pas laissé absorber tout entier par le yv&ôc aeauxov? N'a-t-il pas dû, par conséquent, mépriser toute spéculation sur la nature des animaux? Non. A nous en tenir au seul témoignage de Xénophon 4 , Socrate n'a point connu et approfondi l'homme sans le séparer très-fermement et très-précisément de ranimai. Sur ce point, les passages des Mémorables sont d'une clarté sans pareille ; et il importe de recueillir intégralement cette doctrine inspirée par le bon sens lui-même.

Socrate veut montrer à l'un de ses jeunes disciples combien sont nombreuses les marques de la Providence dans l'univers; et il attire son attention sur les attributs dont elle a doué les animaux. Il ne s'agit tout d'abord que des animaux en général, que des moyens d'existence et d'action mis à la disposition de la vie animale sans distinction d'ordres ni d'espèces. « Dieu , dit Socrate, n'a-t-il pas imprimé dans les pères le désir de se reproduire, dans les mères le plus tendre désir de nourrir, dans tous les animaux le plus grand amour de la vie, la plus grande crainte de la mort? Certes on ne peut méconnaître les soins d'un ouvrier qui voulait donner l'existence aux animaux. » Ici, rien de plus : la sensibilité qui aiguillonne, le désir ou, comme on a dit depuis, l'instinct, voilà tout ce qui est signalé dans l'animal.

Mais bientôt, il est question de la Providence dans l'homme, « Dieu, dit Socrate, n'a pas borné ses soins à la formation de nos corps; mais, ce qui est bien plus important, il nous a donné l'âme la plus parfaite. Après lliomme, quel est l'animal dont l'âme connaisse l'existence des dieux? Quel autre adore la divinité? Quel

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