Polit., IV
2. Ibid. — C'est encore dans la Politique qu'Aristote a dit : « La nature qui ne fait rien en vain a fait les plantes pour les animaux et les animaux pour l'homme. » Nous aimerions mieux n'avoir pas à citer la phrase suivante du même ouvrage : « Quand on est inférieur à ses semblables autant que le corps l'est à l'âme, la brute à l'homme, on est esclave par nature. »
docile ou sauvage; la douceur, la férocité, la générosité, la bassesse, la timidité, la confiance, la colère, la malice, sont des attributs qui lui conviennent. On aperçoit même chez plusieurs quelque chose qui ressemble à la prudence réfléchie de l'homme i. » Aristote revient plusieurs fois sur cette idée; mais il s'exprime toujours avec beaucoup de réserve et de prudence. « On découvre chez les animaux une faculté naturelle analogue aux différentes passions qui modifient notre âme, prudence, lâcheté, courage, douceur, rudesse, je pourrais parcourir ainsi toutes les habitudes de l'âme 2. » Il observe encore, ce qui est incontestable, que les animaux sont susceptibles d'une certaine éducation qui les perfectionne et qu'ils reçoivent soit des exemples par lesquels ils s'excitent et s'entraînent les uns les autres, soit des leçons de l'homme ; car les divers signes par lesquels nous pouvons essayer de leur faire sentir nos volontés ne les trouvent pas indifférents. Il est souvent amené, dans la suite de son ouvrage, à parler de la prévoyance de tels ou tels animaux et des actes par lesquels ils imitent nos raisonnements. S'il ne raconte sur l'éléphant pas plus que sur toute autre bête aucune de ces fables innombrables qui couraient déjà dans l'antiquité la plus reculée et que Pline et Plutarque ont si puérilement enregistrées, il en dit fort exactement qu'il peut être dressé à beaucoup d'exercices divers, qu'il a des sens tout à fait exquis, que sa mémoire peut retenir et rassembler beaucoup de choses. Mais quelle est la nature intime de ces facultés qui imitent les nôtres ? Aristote, lui aussi, compare l'état mental des animaux à celui des tout jeunes enfants qui ont déjà comme des semences et des indices de leurs habitudes futures. C'est ainsi « qu'on peut dire sans aller contre la raison qu'il y a entre l'homme et les animaux