I. Ibid., livre IV
des facultés communes, des facultés voisines, et des facultés analogues. » Si en effet les animaux n'ont point exactement nos facultés intellectuelles, du moins quelques-uns d'entre eux ont une sorte de faculté naturelle d'un autre genre, quoique susceptible de comparaison (tiç Irspa toiocutt) (putrtxy) Suvajxiç) t. On le voit, la nature de cette espèce particulière de puissance et de ces facultés voisines ou analogues des nôtres n'est pas très-bien éclaircie par Aristote. Il ne s'en prononce pas moins fermement sur les facultés qui, à ses yeux, nous sont exclusivement réservées. Quelles sont donc ces dernières? C'est l'industrie, la raison, la prudence (ts^vy), <To©(a, auveaiç). Mais rien n'égale en clarté cette courte phrase du premier chapitre du premier livre, elle résume bien toute la doctrine péripatéticienne sur le sujet que nous étudions : « Un seul animal est capable de réfléchir (êooXsurtxov), c'est l'homme2.»
Telle est la doctrine d'Aristote : et, on le voit maintenant, l'unité n'est pas le moindre mérite de cette théorie. C'est par cette unité ainsi que par sa rigueur et sa précision qu'elle mérita de s'imposer à tant d'écoles et de persister au point que nous la retrouverons tout entière dans saint Thomas et dans Bossuet. A coup sûr, elle laisse encore bien des questions non résolues. Mais outre celles qu'elle résout, il y a encore celles qu'elle indique. Et si , par exemple , Aristote n'a point analysé et expliqué la part qu'a le mécanisme physiologique dans les déterminations des animaux , il l'a du moins entrevue dans une phrase que nous avons essayé de faire ressortir.
Tout le monde sait qu'après Aristote, la métaphysique tombe en décadence, mais que les recherches qui se