‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 68 sur 118 · LUCRÈCE · texte numérisé non relu

LUCRÈCE

chiens naître de cerfs ; on verrait l'épervier fuir tremblant dans les airs aux approches de la colombe ; on verrait les hommes perdre la raison et les animaux l'acquérir.

Tremeretque per auras Aeris accipiter fugiens, veniente columba; Desiperent homines, sapèrent fera saecla ferarum * .

Nous ne croyons pas qu'on puisse tirer rien de plus abondant ni de plus clair de l'école épicurienne dont Lucrèce a si merveilleusement résumé et embelli toutes les traditions.

L'école stoïcienne nous fournira de bien plus amples et de bien plus intéressantes analyses. Quant à l'esprit général qui l'inspire sur la question des rapports de l'homme et de l'animal, il est certes bien connu. Tout être doit vivre selon sa nature ; et la nature propre de l'homme est dans sa raison. C'est la raison qui est l'attribut essentiel, caractéristique, de l'homme. Si cette maxime renferme toute une morale, ne renferme-t-elle pas aussi les germes de toute une psychologie comparée? L'étude des textes va nous apporter sur ce point toutes lumières.

Les théories des premiers fondateurs du Portique présentent encore quelque vague, et nous ne les connaissons d'ailleurs que très-sommairement. Nous savons, d'après Diogène Laerte, que Zenon de Gittium distinguait les animaux en animaux rationnels et animaux irrationnels, et qu'il établissait aussi deux genres d'imaginations 2,

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