Chant IH, vers 744 et suivants
2. ♦avrafftaf. — Mais ce mot a bien souvent dans la langue des stoïciens un sens assez étendu et qui parait s'appliquer à presque toutes les opérations de l'intelligence II désigne tout au moins là partie adventice de nos connaissances, abstraction faite de l'effort personnel et de l'adhésion de notre esprit. Une seule chose dépend do nous, répète
Epietète à chaque page de ses écrits, c'est xfijvtf l'usage des idées.
Mais cet usage des idées suppose que nous les comprenons.
les rationnelles et les irrationnelles. Ce même Zenon et Cléanthe 1 se préoccupaient aussi, d'après le témoignage de Diogène Laerte, de déterminer équitablement les facultés des animaux. A leurs yeux, aucun animal ne peut être étranger à lui-même (aXXoxpiwaat) ; à aucun d'eux n'échappe sa propre constitution : c'est là une idée que nous retrouverons très-développée dans Sénèque. Mais sur les séparations et les limites des différents règnes, la doctrine flotte indécise. Diogène attribue encore à ces premiers stoïciens cette proposition, que la nature ne diffère en rien dans les bêtes et dans les plantes : ils alléguaient (ce qui ne prouve certes pas que rien ne diffère) que bien des choses s'accomplissent dans les animaux sans le concours du mouvement volontaire et de la sensibilité, et que même chez nous il se passe bien des phénomènes semblables à ceux qui forment la vie des arbres. Cléanthe enfin, s'il faut en croire un fragment à lui attribué, parle de la prédominance de l'homme, sans dire qu'il soit supérieur à tous les autres êtres : il dit seulement à presque tous (<r/.£,Sov)- On Peu* douter, il est vrai, que ce fragment soit authentique.
Chrysippe 2 est plus explicite et plus ferme. Dans une page où il n'est question d'un bout à l'autre que des doctrines stoïciennes, le commentaire de Chalcidius sur le Timée de Platon contient cette phrase : « L'homme seul, parmi les êtres mortels, use de ce bien capital de l'esprit, c'est-à-dire de la raison, comme dit ce même Chrysippe. » L'expression « ce même » indique que les phrases précédentes rapportaient aussi les opinions de Chrysippe. Or, voici ce qu'elles exposaient : « Les animaux ont dans leur âme une certaine faculté prédominante par laquelle ils discernent les aliments, imaginent,