‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 7 sur 118 · Trousseau et Pidoux. Thérapeutique. Introduction · texte numérisé non relu

Trousseau et Pidoux. Thérapeutique. Introduction

succèdent avec régularité, sans qu'il se produise aucun mouvement destiné soit à le prolonger soit à le suspendre.

Mais il arrive souvent, comme nous le dirons plus haut, que l'action du dehors soit ou insuffisante ou excessive et qu'elle trouble l'équilibre fonctionnel. Alors les proportions habituelles du travail organique sont changées i ; l'organe lutte et réagit avec une dépense inaccoutumée de force ; ce n'est plus une simple impression ou excitation qu'il subit, c'est ce que l'on peut appeler une irritation.

Cette irritation toutefois peut être toute locale. L'observation en constatera les effets dans l'organe sur lequel elle a porté : l'ensemble du système n'en aura éprouvé nul contre-coup. Le thermomètre peut nous révéler dans une partie de notre corps tel accroissement ou telle diminution de température dont l'état général de notre être ne nous aurait absolument rien dit. Que de réactions qui s'accomplissent dans l'intimité de nos organes, que de troubles latents dans des fonctions secondaires, que de déviations lentement redressées ou d'altérations promptement réparées et que l'individu ne sent pas ! La sensation est donc quelque chose de plus et que l'impression pure et simple et même que l'irritation. La sensation n'est pas constatée du dehors,

1. Dans ce cas, l'organisme coopère à l'établissement de la maladie, comme nous avons expliqué qu'il travaille lui-même à sa propre guérison. L'histologie nous apprend que les tissus normaux de l'économie se composent d'un élément anatomique fondamental et d'un certain nombre d'éléments accessoires. Or, toutes les productions morbides, tumeurs, cancers, tubercules, proviennent simplement, soit de la formation surabondante , excessive d'un des éléments accessoires, soit de l'apparition de tel élément dans un endroit où il ne se produit pas d'ordinaire. Pour guérir ce mal, ou bien il faut enlever à l'évolution morbide les moyens de se développer et, en tuant, pour ainsi dire, l'organisme étranger, rétablir l'évolution normale, ou bien il faut donner à l'organisme sain Je moyen de rétablir lui-même son évolution complète et régulière par un surcroit d'énergie.

elle est aperçue, pour ainsi dire de dedans, par l'être lui-même, et quoiqu'elle soit toujours localisée, c'est-àdire toujours rapportée à un endroit particulier du corps, il est clair que l'être tout entier s'en trouve affecté, modifié. Nous le voyons manifestement en nous et nous pouvons nous en assurer clairement encore par le spectacle de l'animal. Qu'il soit blessé dans la patte ou dans la tête ou dans une région quelconque de son corps, ses attitudes, son regard, ses cris, tout son état en un mot offre certains caractères parfaitement reconnaissantes et qui se retrouveront dans tous les cas analogues. Ceci est vrai du mode de sensation qu'on appelle douleur, état dans lequel l'individu résiste aux causes d'irritation et s'efforce malaisément de s'en délivrer. M; lis ceci I est vrai aussi de l'autre mode de sensation qu'on appelle plaisir, état dans lequel l'individu s'efforce de persévérer, soit parce que l'énergie vitale y poursuit avec intensité quoique sans excès le développement régulier des fonctions qu'elle anime, soit plutôt parce qu'après un trouble accidentel, elle revient à l'équilibre et y retrouve le calme et l'harmonie.

Gependant, si la sensation se distingue des deux états que nous avons notés avant elle, on peut dire qu'elle ne constitue qu'un degré de plus. Si toute excitation n'irrite pas l'organe et si toute irritation n'est pas nécessairement sentie, on doit dire que toute sensation suppose son organe irrité ou excité d'une certaine façon. La différence est souvent bien légère entre ces trois espèces de manières d'être. Une sensation est usée par l'habitude, et l'être y devient indifférent : les phénomènos iniques qu'elle traduisait n'en persistent pas moins, au point de produire quelquefois dans l'économie des effets appréciables. Les organes continuent donc à

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