‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 71 sur 118 · Voyez en particulier Epist. 124 et de Benef., II · texte numérisé non relu

Voyez en particulier Epist. 124 et de Benef., II

l'animal et à la plante, ils sont égaux l'un à l'autre en ce qu'ils sont l'un et l'autre privés de raison.

Les animaux ont ou, plus exactement, paraissent avoir des passions semblables à celles de l'homme. La ressemblance n'est qu'apparente. Ainsi, les animaux n'ont pas véritablement la colère i ; car la colère est le désir de se venger : or, les animaux ne peuvent avoir l'idée de rendre offense pour offense ; ils peuvent le faire, mais c'est sans intention réfléchie, etiamsi hoc efficiunt^ non petunt. Étrangers aux passions humaines, les animaux n'ont que des impulsions qui y ressemblent : Humants affectibus carent, habcnt autem similes Mis quosdam impulsas. Ils ont, il est vrai, un principe moteur, comme ils ont une voix, mais inarticulée, confuse et inhabile à former des mots, comme ils ont une langue mais non déliée pour se mouvoir en tous sens : ce principe moteur a peu de finesse, peu de développement. Il perçoit Icapit) l'image et la forme des choses qui l'entraînent au mouvement; mais cette perception est trouble et obscure. « De /à, » (inde) la violence de leurs élans et de leurs transports ; mais il n'y a chez eux ni crainte, ni sollicitude, ni tristesse, ni colère, ils n'en ont que les semblants. Aussi ces impressions tombent-elles bien vite pour faire place à leurs contraires.

Sénèque achève enfin de marquer l'infériorité irrémédiable des animaux en observant que des trois formes du temps, ils perçoivent le présent par les sens, se rappellent le passé, mais uniquement quand ils y sont amenés par une sensation actuelle analogue à la sensation passée, enfin que le futur ou l'avenir n'existe absolument point pour eux.

Jusqu'ici -cette psychologie des animaux est, pour ainsi dire, toute négative. Remarquons toutefois cette idée

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