ALEXANDRINS
moire, et de l'autre la colère, l'amour, la haine, des pussions enfin qui le poussent à l'action et l'y préparent par avance. Or, il est impossible, affirme Plutarque, de séparer la sensation de l'entendement \
C'est là, on le voit, l'argumentation d'un homme d'esprit, sachant discuter , mais peu philosophe. L'animal sent, donc il raisonne, nous ne voulons pas nous arrêter à cette assertion que nous retrouverons dans mainte autre école. Or, c'est à elle que se réduit à peu près tout le dogmatisme de Plutarque. La critique des idées des stoïciens est, il est vrai, assez ingénieuse ; mais il s'attaque moins au fond même de leurs doctrines et aux belles analyses de leurs maîtres qu'à quelques formules sèches et pour ainsi dire scholastiques répétées par quelques uns de leurs médiocres disciples.
Arrivons enfin à l'école d'Alexandrie qui clôt la philosophie grecque et au plus illustre philosophe de cette école, à Plotin. De l'un à l'autre des Alexandrins la doctrine paraît osciller. Ils établissent une hiérarchie entre les sens et l'intelligence ; mais ils voient dans tous les êlre de l'univers une émanation de la nature divine : c'est tantôt le premier, tantôt le second de ces principes qui inspire leurs théories sur les facultés des animaux.
Philon, dans un ouvrage intitulé Alexandre, soutient que plus les bêtes paraissent intelligentes, moins elles le sont en réalité.
Porphyre, croyant qu'il n'y a qu'une seule substance pour tous les corps et aussi pour toutes les âmes, assimile presque entièrement les bêtes à l'homme. Son argumentation souvent vive et spirituelle est entremêlée de raisons .bizarres et de confusions philosophiques nombreuses; elle ressemble beaucoup plus à un plaidoyer qui cherche les vraisemblances et se propose