‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 85 sur 118 · CELSE ET ORIGÈNE · texte numérisé non relu

CELSE ET ORIGÈNE

tirer K Gelse voulait tourner en ridicule les prétentions de ceux qui faisaient des juifs et des chrétiens un peuple privilégié du Très-Haut. Il se demandait alors si les grenouilles et les fourmis ne pouvaient tenir, à la rigueur, un pareil langage et dire que dans l'univers tout était fait pour eux. A coup sûr, toute doctrine qui veut que chaque fait et chaque détail de la nature soit ingénieusement disposé par la Providence en vue de quelque besoin de l'espèce humaine, est sûre de provoquer de faciles railleries. Cette étroite et puérile interprétation de la finalité n'est bonne qu'à donner des armes aux athées. En s'attaquant à elle, Gelse avait beau jeu, comme Voltaire aura beau jeu, dans Candide, contre une certaine façon d'entendre l'optimisme. Mais lorsqu'il veut passer de la défense à l'attaque, Celse en arrive bientôt à des raisons non moins bizarres que celles de Pline ou de Porphyre. Rien, dit-il en quelque endroit, n'a été fait ni pour l'homme ni pour la bête ; et de même € Dieu ne s'irrite pas plus contre les hommes que contre les singes et les mouches. » Il faut conclure alors que toute religion serait marque de faiblesse? mais rapprochez maintenant de cette déclaration le passage suivant : a Si les hommes se croient au-dessus des bêtes parce qu'ils ont des notions divines, qu'ils sachent que beaucoup d'entre elles peuvent réclamer le même avantage, et à bon droit.' car qu'y a-t-il de plus divin que de prévoir et d'annoncer l'avenir? or, les autres animaux et les oiseaux surtout l'annoncent aux hommes, si bien que l'art des devins consiste tout entier dans l'observation des signes qu'il révèlent. Si les oiseaux et les autres animaux propres à la divination nous montrent par certains signes ce que Dieu nous a caché, c'est qu'ils ont avec Dieu

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