‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 86 sur 118 · Origène contre Celse, IV · texte numérisé non relu

Origène contre Celse, IV

une société plus étroite, qu'ils lui sont plus chers, et qu'ils sont plus sages i, »

Origène réfute sérieusement et pied à pied ces plaisanteries que Montaigne reproduira plus tard et ces singuliers arguments mêlés de superstition et d'athéisme. Il s'attache à établir qu'il n'y a nulle trace de raison ni dans les animaux ni dans les plantes. Il combat à cette occasion la métempsycose : le caractère divin dont l'âme est empreinte l'empêche de pouvoir être transportée dans un être irraisonnable. Les animaux cependant; suivant lui, ont une âme ; la présence de cette âme est rendue évidente par deux choses : par la faculté de représentation, et par la disposition au mouvement , qu'on ne peut à coup sûr leur refuser; mais encore une fois cette âme n'a pas la raison.

Saint Augustin défend la même cause , relevant à la fois les erreurs de Gelse, des Manichéens (qui croient toute bête et toute plante également douées d'une âme semblable à la nôtre) et des chrétiens imprudents dont nous venons de résumer la polémique. La doctrine de saint Augustin est, sur ce point, peu développée, mais elle se compose d'assertions très-nettes et très-philosophiques2. L'homme a de commun avec les plantes : ammatio, la vie; et avec les animaux : sensus, dont les fonctions principales sont les sens, la mémoire et l'imagination. Seul sur la terre, il a la raison et avec elle la science, et par suite il est seul capable de bonheur. Les animaux cependant ont une âme : car 1° ils se meuvent, et d'une manière appropriée à leurs besoins ; 2° ils souffrent, et cette souffrance est l'indice d'un principe qui lutte contre la destruction et fait effort pour maintenir

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