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taine prudence, évitant les expériences dangereuses et les émotions trop fortes, m^arrêtant dès que la susceptibilité nerv’euse me semblait devenir exagérée.
Est-ce à dire que la pratique du magnétisme soit sans inconvénient? Je ne le pense en aucune manière. Ce n’est pas impunément qu’on détermine une si violente perturbation dans les fonctions du système nerveux. Rien que le fait de Véducation magnétique indique qu’il s’est fait une modiflcation profonde et permanente de l’organisme. Il serait peu raisonnable de supposer qu’elle est utile et inoffensive ; tout au plus pourrait-on admettre qu’elle est presque inoffensive.
En général, il en est ainsi ; mais dans quelques cas rares, on voit survenir des phénomènes assez sérieux. Une des femmes que j’endormais à l’hôpital Beaujon est devenue extrêmement hystérique. Peu sensible au magnétisme lorsque je commençai mes expériences, elle devint, par la suite, si sensible que je l’endormais sans passes, en quelques secondes, par le seul contact du front ou de la main. Un de mes amis, le docteur H..., a fait une observation tout à fait analogue. Une femme, point du tout hystérique, qu’il endormait souvent avec une extrême facilité, finit par présenter tous les symptômes d’une hystérie trèsnettement accusée. Ces deux faits prouvent, une fois de plus, quelles étroites relations existent entre le somnambulisme et l’hystérie.
Pour être juste, il faut reconnaître que ces conséquences fâcheuses sont rares, et, d’autre part, que souvent le magnétisme a des avantages, qu’il calme l’agitation nerveuse et qu’il peui guérir ou améliorer certaines insomnies. En définitive, manié avec prudence par des médecins instruits, il n’offre pas de danger sérieux. On est donc autorisé à poursuivre des recherches expérimentales dans ce sens, tout eu se mettant en garde contre les
symptômes fâcheux qui pourraient se produire. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a pas de danger à faire un petit nombre d’expériences, tandis que des expériences répétées finissent par modifier et troubler le tempérament de l’individu qui s’y soumet. [V]