LES DÉMONIAQUES D’AUJOURD’HUI
L’hystérie. — L’état mental des hystériques. — L’hystérie dans les romans. — L’hystérie firave. — L’accès hystéro-épileptique, ou démoniaque. — L’accès de somnambulisme. — Aperçu historique sur le mapuétisme animal.
Le mot A'hystérie n’est que depuis peu de temps prononcé ailleurs que dans les livres de médecine. Cela s’explique jusqu’à un certain point par l’opinion erronée qu’on se fait dans le public sur la cause et la nature de cette maladie. Les romanciers, et en particulier ceux qui se disent naturalistes, ne se sont pas fait faute de contribuer à propager la doctrine de l’hystérie érotique. Cette doctrine est loin d’être exacte. Il n’y a pas entre l’hystérie
(1) Dans la première partie de ces éludes, nous décrirons les symptômes psychologiques de l’hystérie. Grâce aux médecins de la Salpêtrière, qui l’ont approfondie avec beaucoup de soin, la connaissance de cette maladie a pris un développement inattendu, et quelques-uns des résultats obtenus peuvent intéresser les personnes étrangères aux sciences médicales.
Dans la seconde partie, nous montrerons ce que furent aux siècles préc -dentsles affections démoniaques, par quelle étrange succession d’erreurs on a été amené à affirmer que le diable vient se loger dans les corps humains, et qu’il faut brûler, anéantir ces pauvres corps, devenus les réceptacles et les complices des esprits malfaisants.
En dernier lieu, nous ferons l’histoire des grands procès de sorcellerie aux xvi" et xvii* siècles.
L’homme et l’intelliyence. — Hicukt.
262 l’hommk kt l’intku.iokncb.
et le célibat une relation de cause à elîet, et on peut parler de l’hystérie, étudier ses causes et décrire ses symptômes, sans avoir besoin de mettre en latin les passages délicats. C’est une maladie nerveuse qui n’est pas plus lubrique que les autres maladies nerveuses, et, malgré l’effroi qu’elle inspire à des personnes à demi instruites, nous pouvons dire hardiment que cet effroi n’est pas justifié. On aura, je pense, l’occasion de le constater tout à l’heure.
A la Salpêtrière, derrière les vastes bàtimens habités par les vieilles femmes, se trouve l’asile des aliénées. C’est là que sont enferméôs les llystéfiquès; Elles ne soüt pas disséminées dans les différens services : on les a réunies dans la même partie de l’hôpital, et depuis plusieurs années elles sont confiées aux. soins de Al. le professeur Charcot. Ce savant médecin, désireux d’appliquer à l’observation des affections nerveuses les méthodes exactes qui sont employées en physiologie, a fait établir à côté des salles réservées aux malades un laboratoire où peuvent être faites des études précises sur les phénomènes les plus délicats de la pathologie du système nerveux. A ce laboi’atoire est annexé un atelier de photographie. On a pu reproduire ainsi avec une exactitude indiscutable les principales phases des attaques d’hystérie, d’épilepsie et de somnambulisme C’est ainsi qu’on est arrivé à décrire minutieusement des phénomènes psychologiques si bizarres et si fantasques qu’on y voyait, il n’y a guère plus de
Pour conserver l’ordre chronolofiique, il eiU fallu coumicucer par les démoniaques d’autrefois, et terminer par les démoniaques d’aujourd’hui. Nous avons pensé qu’il serait préférable de suivre l’ordre inverse. Quand ou connaîtra mieux les faits positifs élucidés par les savants contemporains, on suivra avec plus d'intérét le récit des superstitions qui ont éfiaré nos ancêtres. L’ordre logique n’est pas l’ordre chronoloçique, et, pour être à même de bien juger l’erreur, il faut d’abord connaître la vérité.
(1) Ce sont ces photographies, si instructives pour l’histoire des maladies nerveuses, qui fomieut la belle publication de MM. Hourneville et Regnard, intitulée iconographie pholographigite ik la Salpèlriére.