‹ L'homme et l'intelligenceChapitre 20 sur 71 · I.KS DKMONIAOUKS d’aIMOUHd'HüI. iJ · texte numérisé non relu

I.KS DKMONIAOUKS d’aIMOUHd'HüI. iJ

voir leurs contorsions furieuses, il seinhic que le hasard seul dirige cet effroyable drame. En réalité tout est prévu, réglé, déterminé ; tout ce désordre marche avec la précision maithématique d’une horloge bien remontée.

Quelque fantastique que paraisse le délire des hystériques pendant leur accès, ce délire a toujours une cause, une raison d’être. Les hallucinations d’une démoniaque ressemblent à des épisodes réels de sa vie, en particulier à l’épisode qui a eu le plus d’influence sur la production de sa maladie. Il est certain, comme nous le disions plus haut, que la principale cause del’hys-

lérie, c’est la prédisposition héréditaire; mais encore faut-il un accident, un fait extérieur qui provoque une première crise nerveuse, un événement, grave ou léger, qui détermine l’éclosion de la maladie qui couvait depuis longtemps. Souvent cet événement est une frayeur, une émotion violente, un chagrin, une désillusion. C’est alors que, dans les accès de délire, reparaissent suus la forme d’hallucinations les choses et les personnes qui ont provoqué cette émotion, cetfe frayeur, ce chagrin. Cette influence du passé établit une différence notable entre le délire des fous et celui des hystériques. En général, chez nn fou, les V isions n’ont pas de rapport imm^liat avec les événemens antérieurs, quels qu’ils soient, tandis que, chez une hystérique, presque toujours la forme du délire est déterminée par un incident qui a joué autrefois un rôle important dans la vie de la malade. Quant aux crapauds, aux rats et aux autres bêtes immondes, c’est un genre d’hallucinations qui se retrouve dans lous les délires. Pour peu que la fièvre tiérange les tonctious cérébrales, immédiatement apparaissent des serpens, des rats, qui courent dans la chambre, grimpent sur le lit. Il en est de même chez les alcooliques. Ils ont tous des visions d’animaux immondes qui viennent les infecter de leur présence. Il semble

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que l’intelligence de riiomme, toutes les fois que ses fonctions sont perverties, revienne à l’état de nature, et ne puisse trouver comme image de terreur et de dégoût que les an Unaux malfaisans qui excitaient la terreur et le dégoût des premiers âges de l’humanité.

La période de délire qui marque la fin de l’accès démoniaque est quelquefois assez courte. Mais le plus souvent elle se prolonge pendant plusieurs heures. Il n’est pas rare qu’elle persiste quelques jours encore. Les fonctions cérébrales ont été profondément troublées, et c’est avec une grande lenteur 'qu’elles reviennent à leur état normal.

Ce mot n’est-il pas bien ambitieux pour caractériser l’intelligence des hystériques, telle qu’on l’observe dans l’intervalle des accès? Assurément l’intelligence n’est pas éteinte; la mémoire est conservée, cette clé de voûte de l’éditice intellectuel; mais les autres facultés sont singulièrement perverties. On s’en rend bien compte en étudiant les mœurs et les conversations des démoniaques de la Salpêtrière. La journée se passe à rire sans fin de faits qui n’ont rien de risible, de la fille de service qui passe, par exemple, du lit qui est mal fait, d’un oiseau qui se perche près de la fenêtre, d’un bonnet qui est mal attaché. Les mêmes causes peuvent aussi bien provoquer les larmes. Ce sont toujours des discours interminables, des récriminations, des indignations noyées dans un flux de paroles. Au milieu de ces phrases, une agitation continuelle, qui n’a pas de but, et qui ne s’explique pas. Il faut mettre des Heurs au chevet du lit, un ruban à la coift'ure, se parer de chiffons insignilians ; et cette recherche contraste souvent avec la négligence et le désordre dans la tenue : telle hyslérûiue dont le bonnet est orné de rubans sortira les pieds nus dans la cour. Les idées baroques ne font pas défaut, non pins que des antipathies ou des sympa-

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thies également absurdes. Les hystériques ne désirent qu’une chose, c’est qu’on s’occupe d’elles, qu’on s’intéresse à leurs petites passions, qu’on prenne part à leurs affections ou à leurs colères, qu’on admire leur intelligence ou leur parure. Elles racontent des histoires invraisemblables, mentent effrontément, el, quand on les convainc de mensonge, n’en sont pas froissées le moins du monde. Dépourvues de tout sens moral, elles n’obéissent que parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement. Aucun sentiment de pudeur ou de fausse honte ne les arrête : elles racontent leurs aventures au premier venu, pourvu qu’il leur ait plu dès l’abord, et causent avec les hommes comme si elles étaient du même sexe. Rien n’embarrasse ces Diogènes femelles : elles ont réponse à lout, posent les questions les plus indiscrètes, disent crûment la vérité à tout un chacun. L’amourpropre ne leur manque pas cependant, et, si l’on semble ne pas s’occuper d’elles, elles s’en indignent. Au reste elles ne gardent jamais longtemps la même opinion, et passent d’un sentiment à un autre avec une rapidité merveilleuse. Nulle idée, nul raisonnement ne peuvent les captiver ou les persuader. Leur esprit voltige de place en place sans pouvoir se poser, et il est aussi difficile de fixer l’attention d’une hystérique sur une idée précise que de déterminer par des raisonnements un oiseau qui sautille à cesser de remuer et à se fixer sur une branche.

Le bon sens fait absolument défaut, de sorte que ces malheureuses créatures, livrées à elles-mêmes, commettent toutes les sottises imaginables. Il faut en être bien persuadé pour pouvoir s’expliquer leur incarcération dans un asile d’aliénés ; car lorsqu’on les interroge, lorsqu’on cause avec elles, on ne trouve pas cette perversion totale de l’intelligence qu’on constate si facilement chez la plupart des aliénées. Il faut les voir à l’œuvre, c’està-dire jetées au milieu du monde extérieur, fécond en excitations

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fl« toutes sortes, afin fie compreufire à quelles extravagan/.es, pour ne pas fiire plus, elles peuvent s’abanfionner, dès qu’aucun Irein ne les retient. Quelquefois, quoique assez rarement, elles commettent de.s crimes. Le plus souvent elles forgent toute une série de fables pour tromper la justice. Celle-ci se lacère avec fies ciseaux et prétend qu’on lui a fait ces blessures ; cette autre simule la grossesse pour se faire épouser par une personne qu’elle connaît à peine ; cette autre encore a la manie du vol, et, chaque fois qu’elle se trouve dans un magasin, dérobe tout ce qui est à sa portée, accusant le premier individu venu d’avoir commis ce délit.

D’ailleurs, pour bien faire comprendre la nature des désordres que l’hystérie grave fait dans l’intelligence, nulle description n’aura autant de valeur que la simple relation de la vie d’une hystérique connue depuis longtemps à la Salpêtrière sous le nom de G..., et qui est célèbre par la bizarrerie -de son caractère, comme par la violence de ses attaques convulsives. G.... est née à Loudun, le 2 janvier 1843 ; elle fut abandonnée par sa mère et déposée à l’hospice de cette ville. Après avoir passé ses premières années à l’hospice de Poitiers, elle est envoyée à la campagne. A l’àge de quatorze ans, elle est courtisée par un jeune homjnc du nom de Camille. Mais, au bout d’un an, son « promis » meurt d’une fièvre cérébrale. Craignant que G... ne fasse quelque scandale, on l’enferme pendant l’enterrement. Elle s’échappe par une fenêtre, courjL au cimetière, et veut se jeter dans la fosse. On l’enfermé de nouveau ; mais pendant la nuit elle se rend au cimetière, appelant son amoureux et voulant le déterrer. On accourt, on s’empare d’elle, mais elle est prise d’une crise nerveuse pendant laquelle elle est « comme une morte » . Elle demeure environ vingt-quatre heures dans un état de léthargie complète. On la ramène à l’hospice; elle y reste deux ans, parait à peu près

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iîucrie, et à dix-huit ans se place comme femme de chambre à Poitiers. Au bout de quelques semaines, elle est reprise d’attaques de nerfs ; elle a l’idée de se faire passer pour enceinte ; on croit qu’elle dit vrai, et on la mène à l’hôpLtal pour qu’elle accouche. Bientôt on s’aperçoit de l’erreur, mais, comme ses attaques sont devenues plus graves, comme son caractère est indomptable, et rebelle à toute discipline, on la transfère dans jgn asile d’aliénés. Soumise à un traitemept par la belladone, elle a l’idée de garder pendant dix jours les pilules qu’on lui donne quotidiennement, et de les avaler ensuite toutes les dix. Cet empoisonnement est sur le point d’avoir des suites funestes; elle, en réchappe cependant, jnajs quelques j.ours après elle se mutile la poitrine avec des ciseaux, sans pouvoir donner la raison de cette sottise. Bientôt elle s’enfuit de l’hospice et arrive à Paris. Ses attaques nécessitent de nouveau l’entrée à l’hôpital. Elle est transférée à l’asile d’aliénés de Toulouse. Elle parvient à s’en échapper et à rentrer dans Paris. Si l’on en croit son récit, elle serait revenue à pied de Toulouse à Paris, vêtue de l’unilorme lie l’asile, en sabots, cpuchant dans les bojs, se déshabillant pour laver sa seule chemise, se nourrissant de pain qu’elle demandait dans les fermes. Elle se décide à mendier, quoiqu’elle soit fort orgueilleuse. Mais, la faim aidant, elle capitule avec son orgueil, se disant que Notre-Seigneur a bien demandé l’aumône et qu’elle peut faire comme lui. Son voyage de Toulouse à Paris dure trois mois. Bientôt la fantaisie lui vient de prendre le chemin de fer du Nord; elle descend à Saint-Leu, lacère des affiches apposées dans la gare, si bien qu’on l’arrête. On la ramène à la Salpêtrière, où elle accouche d’une fille (1867). En 1870, elle s’échappe, se fait infirmière k l’hôpital Saint-Antoine; mais un jour, dans une dispute avec une religieuse, elle se livre à des voies de fait, de sorte qu’on la renvoie. L’armistice était s'gné; elle quitte Paris pour

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aller voir sa fille qui est en Bourgogne. A Montbard, elle est retenue par les Prussiens : elle reste huit jours dans leur camp. Elle revient à Paris, et rentre de nouveau à la Salpêtrière, d’où elle ne sortira plus qu’à de rares intervalles. Un jour elle veut s’enfuir, et grimpe sur le toit dans le costume le plus simple qu’on puisse imaginer. Une autre fois, ayant lu dans les journaux les récits qu’on faisait de la miraculeuse Louise Lateau, elle veut aller en Belgique pour rendre visite à « sa sœur » . Dès qu’elle est sortie de l’hôpital, elle part pour Louvain. En passant au Quesnoy (près de Lille), elle est prise d’une attaque; elle continue cependant sa route vers Bruxelles. Dans cette ville, elle aurait eu des « aventures » qui l’empêchèrent de rendre visite à sa sœur. Elle finit par rentrer à la Salpêtrière (1877), et elle y est depuis lors, ayant toujours des accès démoniaques, assez docile en général, et, dans une certaine mesure, suffisamment raisonnable, racontant à qui veut l’entendre sa longue et invraisemblable épopée \

On lira peut-être avec plus d’intérêt l’histoire de G... si l’on veut bien être persuadé qu’il y a deux cent cinquante ans elle aurait été exorcisée, et qu’au xvi® siècle elle eût été condamnée comme sorcière, et brûlée vive.

(1) Pour le récit plus détaillé des faits relatifs à G..., je renverrai à l’/conographie photographique, première partie, p 65.

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A l’étude de l’accès démoniaque se trouve liée celle du somnambulisme. On ne saurait comprendre la vraie nature de certaines épidémies du moyen âge, si l’on ne connaissait pas les divers symptômes du sommeil dit magnétique. D’ailleurs l’effronterie des charlatans a mêlé tant de sottises aux faits réels, qu’il est difficile aux personnes qui n’ont pas fait de cette maladie une étude spéciale de garder une juste mesure entre la crédulité qui admet tout, même l’absurde, et le scepticisme qui n’admet rien, pas même la vérité.

Eu 1778 arrivait à Paris un médecin allemand, nommé Antoine Mesmer. On racontait de lui des histoires merveilleuses. Il avait, quelques années auparavant, publié un livre bizarre presque mystique, où il affirmait l’existence d’un fluide universel répandu dans toute la nature, et pouvant passer dans le corps de l’homme. Néanmoins Mesmer n’étf^t pas encore célèbre; mais Paris, qui était alors, comme aujourd’hui peut-être, le centre et le foyer de l’opinion, allait lui donner rapidement une éclatante renommée. Mesmer s’installe à Paris, place Vendôme, se met à enseigner sa théorie du fluide magnétique, et parvient à recruter quelques élèves, en particulier un médecin, nommé d’Eslon, auquel il s’associe. Bientôt des querelles d’intérêt surgissent entre les deux magnétiseurs. D’Eslon est réprimandé par la Faculté, qui l’exclut, comme charlatan, de son sein.

Cependant les cliens arrivent en foule. Tout le monde veut se faire magnétiser. Mesmer ne peut plus suffire à cette affluence. 1 1 prend un valet toucheur qui magnétise à sa place. C’est trop flicHET — L’koniiiie et l’iuteltigence. 19

l’hommb kt l’intklligence.

peu encore. Mesmer alors invente lefameu.v baquet, {^ràce auquel trente à quarante personnes peuvent être magnétisées en môme temps. On se réunit dans une grande salle obscure ; au milieu de cette salle est une caisse de chêne contenant des bouteilles reliées l’une à l’autre par des barreaux métalliques. Le tout est e'hfèïmié dans une autre caisse d’où se dressent des liges de fer . qhe lé^ malades doivent saisir pour être influencés. Le silence e'sl' cOïtiplet : tout d’un coup on entend des accens mélodieux qui paWëfit de la chambre voisine. Alors, sous l’influence de l’émotid'h' et de l’imitation, une sorte d’excitation nerveuse se commuriiclué de proche en proche parmi tous les assistans : des symptomé's curieux apparaissent chez les magnétisés. C’est d’abord dêda'ltfrigueur, de la somnolence: un peu plus tard, c’est une agitation frénétique ; enfin surviennent des contorsions et des convul’sidnfe'.^'Le silence n’est troublé que par les sons étouffés de l’Oi^üè' è'tH'éë 'gémissemens des patiens qui tombent pris d’une atfôipië' cbnVulsive. Ou conçoit combien de telles scènes sont

prÔf)ïék‘WdléVél'0{iper des crises nerveuses chez des individus prédisposas.^ A Paris l’engouement devient général. Les apologies, lés'paniphiëts, lés 'ichansons, les caricatures, pleuvent sur le tnèsménsmë.' ’C’éit dire ‘qu’il est en pleine vogue. La maison de la'placé Tehdômé’ dêyéria'nt trop petite, Mesmer achète l’hôtel

Buliiôn, placé de 'la Bdürsé'! Dans l’espace de cinq ans il a raa- •imirr); \ r JilMiV- ( J-i ,<jit 1 m

gnetise huit mille personnes (1//9-1/84). Mais la roche Tar-

péienhe est prës'du Capitole. Rapidement le discrédit succède à

la vopjue: Mesmer est bafoué à rOpéra, abandonné par ses dis-

clples^qu’ii* a*grugés',N^nsulté dans' ïès rues de Paris, si bien qu’il

est forcé de se réfugier 'èn S'uTsse (178o).

Lés sociétés savantes n’étâiërit pas restées indifférentes au magnélisine.' Èlïes^ avaienl, 'essayé de protestef contre l’entliousiiisme miivérs 'eL^‘ L"’Àcadëmïé'iies sciëncés' hôbViha une commis-

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sion dont Bailly fut rapporteur, cet infortuné Bailly, qui, quelques années plus tard, devait périr sur l’échafaud. Sa conclusion fut

(pie le Iluide magnétique n’existe pas, et que les expériences et

les observations de Mesmer ne sont fondées sur rien de sérieux. Un des commissaires, le célèbre Laurent de Jussieu, ne crut pas devoir signer ce rapport, et, dans un mémoire qui eut un grand retentissement, il admit qu’il y a une part de vérité dans le mesmérisme, et qu’il faut essayer de connaître cette vérité noyée au milieu de jongleries indignes d’un savant.

De fait, ce n’est pas Mesmer qui est le créateur du magnétisme animal. Si le marquis Armand de Puységur n’avait pas repris ses expériences, le magnétisme n’existerait pas, et le souvenir du baquet de Mesmer irait se confondre avec les histoires des convulsionnaires de Saint-Médard. Puységur, à Soissons , guérit (|uelques malades en les touchant, puis il en guérit d’autres, et d’autres encore. Il fait des élèves, il écrit de nombreux mémoires, il indique les procédés qu’on doit suivre pour endormir un sujet, il décrit les phases du somnambulisme provocjué (1785-1825), De toutes parts, des e.xpérimentateurs, dont la bonne foi, sinon le bon sens, ne saurait être suspe(?te, répètent les expériences de Puységur : des médecins, des savans s’en occupent et les confirment en partie. Petetin, Deleuze, Dupotet, Husson, Braid, et bien d’autres, dont les noms sont obscurs, développent et commentent les idées de Puységur. De leur œuvre confuse, perdue dans des erreurs absurdes et des sottises difficiles à imaginer, un fait ressort en toute évidence, c’est qu’une névrose d’une nature spéciale peut être provoquée chez des sujets plus ou moins prédisposés.

Aujourd’hui tous les médecins éclairés reconnaissent que le somnambulisme existe, avec dns symptômes toujours identiques, et (ju’il y a lieu de le reconnaître comme une espèce morbide

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spéciale, comme une maladie véritable, maladie dont les symptômes sont aussi bien décrits que ceux de l’hystérie ou de l’épilepsie.

Le seul côté étrange et obscur .de son étude, c’est que cette névrose peut être provoquée par des manœuvres extérieures dont le mode d’action nous échappe. Mais, parce que nous ignorons la cause des phénomènes, ce n’est pas une raison pour en nier l’existence. Plus tard, dans quelques années peut-être, on arrivera à la connaissance exacte, non pas des symptômes, qui sont à peu près bien connus aujourd’hui, mais des causes physiologiques du somnambulisme. Il est permis d’espérer que les procédés empiriques qu’on emploie de nos jours seront remplacés par des méthodes scientifiques que personne ne pourra mettre en doute, et dont tout le monde pourra constater l’efficacité. Certes ces troubles sont étranges et faits pour surprendre ; mais on peut affirmer qu’ils sont soumis à des lois naturelles, non à la fantaisie des sept millions quatre cent cinq mille neuf cent vingt-six diables de l’enfer. Telle n’était pas l’opinion des juges du xvn® siècle, et ce n’est pas un des moindres bienfaits de la science que d’avoir affirmé et prouvé l’innocence des malheureux qu’on faisait jadis monter sur le bûcher.

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