‹ L'homme et l'intelligenceChapitre 24 sur 71 · I.fes DÉ.MONlAQuks u’aIJTr'kFOIS · texte numérisé non relu

I.fes DÉ.MONlAQuks u’aIJTr'kFOIS

Voici njairiiéiianl pour la crualilé : « Claude leàli-Uuillàiilll’e, éiaiit sur iê biicher pour être ilrCilêe toute viV'e, se d'éldcliaêl sauta par trois fois liors du teu, ei niêille ('|ütî lé Liuiirteau fùl contraint de rassoiniher avec une pàlàncliei. Antoinbttè &audillou, cbiiinie on lui eût prononce laseiiience de iiiorl, [irla p'iU' réitérées fois qu’on ne la htpuinl languir, ce qui fut récoiïlnldndé, et néanmoins ellé eut le plus de peih'è de nioufll’ de six qlii furentexécutées avec elles, entie lesquels étoient son père et son trère. »

Wier, l'ë seul lioriiine au milieu de tous ces boürreülix, ne pëiit s’empêcher de pousser üii cri d’h'drj’‘eilr : « N'dii, dil-il; ces sorcières ne sont pas des crihairielles, les coiifèssidils arl’ilcli'é'es llar la torture ne sont pas dès aveux sincères. Èlles rtienièdb jldur échapper à d’alîreusés sdulVràncés, et avo'uèht dès criines qu’elles n’ont jamais cdnirais. » lloilneur â ^Vier, (jul, ddtis mi slè'clB fanatique, au péril de sa vie, a défendu la cause de riiumdhitë ' Ses elforts ont été vains. Après comme avant lui, le sang innooent a coulé « comme de l’eau. » ijifais, parmi tant d’iniquiiés triomphantes, ce fut le précurseur delà justice.

LKS PROCÈS Uli SüRClÉRCS ET LES ÉPIDÉMIES DÉMONIAQUES.

.\près avoir exposé les opinions et les mœurs des hommes du moyen âge, relativement aux sorcières et à la possession démoniaque, il nous faut arriver à l’histoire des grands procès de sorcellerie. Dans cette étude, ce ne sont plus les traités de théologie démoniaque ou les discours sur les spectres qui nous serviront d’appui. Nous avons les témoignages des contemporains, les relations écrites et les mémoires. On pourra ainsi, mieux que par des généralités vagues, apprécier en toute connaissance do

l’hommk et l’intelligence.

cause les croyances superstitieuses d’autrefois. Quelques points pourront être éclaircis, et la relation qui existe entre l’hystérie et la sorcellerie apparaîtra en pleine évidence.

Ceux qui se plaisent parfois à nier le progrès comprendront que le paradoxe est insoutenable. Nous considérons aujourd’hui comme iniquité ce qui passait alors pour justice, et comme cruauté barbare ce qui était légitime répression. Les mœurs et les idées ont même cjiangé à ce point que nous avons quelque peine à nous défendre d’une certaine indignation contre les magistrats du xvii® siècle. Gardons-nous cependant d’apporter dans nos appréciations une passion trop grande. Les erreurs des juges du temps passé furent des erreurs universelles, et dont tout le siècle est responsable. Nous, qui jugeons les juges, soyons plus pitoyables qu’eux, et sachons les traiter avec plus d’équité et de clémence qu’ils ont traité les sorcières.

Une des plus illustres sorcières est Jeanne d’Arc. Quoique quatre siècles aient passé sur ce grand souvenir, il est encore vivant dans la conscience nationale. Prise à Compiègne par trahison, puis vendue aux Anglais, ses ennemis, l’héroïque jeune lille est amenée à Rouen, et, après quelques semaines de dure réclusion, elle comparait devant un tribunal de juges ecclésiastiques et de docteurs en théologie, soigneusement choisis pour la condamner. Le cardinal anglais Winchester, l’évêque de Beauvais, Gauchon, sont les deux ennemis acharnés de la Pucelle : l’un est animé par je ne sais quel fanatique patriotisme ; l’autre est poussé par une furieuse ambition. D’abord le procès est fait à Jeanne pour cause de sorcellerie. A quoi en effet peuvent être dues tant d’éclatantes victoires, sinon au diable, qui, par l’intermédiaire de cette sorcière, a entrepris de chasser les Anglais de

LKS DEMONIAQUES d’aUTRRFOIS. .‘{'ID

France ? Mais les réponses de Jeanne naïves, simples, profondes, déroutent les juges. Ils vont alors chercher du renfort auprès de rUniversité de Paris. La réponse ne se fait pas attendre. La faculté de théologie décide que la Pucelle est livrée au diable, impie envers ses parens, altérée de sang chrétien. Cependant ce procès abominable était si inique que les juges n’osaient prononcer. Warwick est envoyé tout exprès par le roi d’Angleterre pour faire hâter le procès. Les Anglais avaient peur : ils tremblaient devant cette pauvre prisonnière qui les avait fait fuir si souvent. A tout prix il faut en finir. On use d’une fourberie infâme pour faire reprendre à Jeanne l’habit d’homme, et c’est la plus grave accusation qu’on ait pu porter contre elle. On la déclare hérétique, relapse, apostate, idolâtre, on lui rappelle ses crimes, schisme, idolâtrie, invocation de démons, et on la condamne à être brûlée vive (1431).

A vrai dire, l’accusation de sorcellerie n’est Ih que pour la forme. Le vrai crime de Jeanne est d’avoir chassé les Anglais et sauvé la nationalité française. Cependant les écrivains ecclésiastiques du temps, soit français, soit anglais, ont été unanimes à admettre que Jeanne était réellement sorcière, et qu’elle avait fait pacte avec le démon. Le dominicain Nider raconte une conversation qu’il a eue avec maître Nicolas Amici (Mûly), licencié en théologie, et délégué par l’Université de Paris auprès du tribunal de Rouen. .leanne avait avoué qu’un ange de Dieu conversait familièrement avec elle. Or, au dire de tous les plus savants théologiens, cet ange ne pouvait être que le malin esprit. Aussi Jeanne était-elle une véritable magicienne, prédisant l’avenir, et c’est comme magicienne qu’elle a été brûlée. A ce propos, Nider rapporte un fait, assez peu connu en général, c’est que, quelque temps après la monde Jeanne d’Arc, deux jeunes filles de Paris répandirent le bruit qu’elles étaient

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envoyées par Dieu pour continuer l’œuvre de la Pnc.elle d’Orléans. Mais bjentôt on s’empara d’elles, et on les accusa de magie et de sortilège. Les docteurs de théologie qui les examinèrent eurent facilemept la preuve qu’elles avaient été abusées par le démon. L’une de ces rpalbeureuses femmes fut brûlée vive, i'autre, s’étant repentie, et ayant recppnu que son inspirateur était Satan, et non un ange de Dieu, fut épargnée.

A partir de cette époque, jusqu’ap milieu du xvi« siècle, il y a peu de sorcellerie en France. En revancbe, il y a beaqcoup de ioiips-gq/oufi \ Il faut joindre apx sorciers les loups-garous, car ils se ressemblent fort. Quelquefois le loup-garou est le diabje, quelquefois c’est un véritable loup, ensorcelé par Satan. Mais le plus souvent c’est un sorcier qui se cbange en bête, et court la campagne sous cette forme pour l'aire plus de mal aux cbrétiens. Les vieux auteurs français parlent avec, terreur des loups-garous op garwalU qui dévorent les enfants.

Ilommps pliipioms £rnrwfillp ripvinrpiil :

(’iîirwall, gi pgtbpgtR sniivace ;

Tant comme il est pu belle rave,

Ilommeg dAvore, prand mal fait,

Es prands forêts eouverse et vait.

Les aliénistes ont donné un nom à cette variété délire. l's ont appelé Jycanthropes (loups-hommes) les malheureux qui s’imaginent être changés en bêtes. Dans ces siècles d'ignorance e( de misère, la lycanthropie était épidémique. Plusieurs s’imaginaient être couverts de poils, avoir pour armes des griffes et des dents redoutables, avoir déchiré dans leur course nocturne des hommes et des animaux, et surtout des enfants. Quelques lycanthropes ont été surpris en pleine campagne marchant sur

(1) D’après M Littré, les mots garou, gnrtrall, gmilphin^, viennent du mol' permiiin vorewolf (vir riilpen, bomnip-loiip) ; le mot loup-'^nroa sicaifie 1(0110 loup liomme-loiqi.

U'.s mÔMONIAQUI'S D’AUrnKFOIS. ;Vt7

ItMU’s mains ot sur leurs genoux, imitant la voix ries loups, tout souillés de boue et de sang, et emportant des débris de cadavres.

Lorsqu’on soupçonnait qu’un loup-garou errait aux environs du village, on préparait une sorte de battue générale, afin de le saisir et de le tuer. Galmeil, dans sou livre sur la folie épidémique, livre si riche en documents exacts, nous donne un arrêt du parlement de Dole relatiHi la chasse aux loups-garous (lo73).

« Sur l’avertissemeut fait à la Cour souveraine du parlement à Dole, ès territoire d’Espagne, Mc., que se voyoit et rencontroit souvent un loup-garou, comme on dit, lequel avoit déjà pris et ravi quelques petits enfaus sans ([ue depuis ils aient été rus ni reconnus, et s’étoit elforcé d’assaillir aux champs aucuns chevauchiers... Icelle Cour, désirant obvier à plus grand inconvénient, a permis et permet aux manants et habitans desdit^ ieux et autres, de, nonobstant les édits concernant 1a chasse, eux pouvoir assembler, et avec épieux, hallebardes, piques, arquebuses, bâtons, chasser et poursuivr* le dit loup-garou par tous lieux où ils le pourront trouver et prendre, lier et occire, sans pouvoir encourir aucune peine et amende. »

Quelque temps après 11574), le parlement de Dole faisait brùer un malheureux fou, nommé Gilles Garnier, qui courait à quatre pattes dans les forêts et dans les champs, et qui mangeait les petits enfants, « même le vendredi, » ajoute naïvement l’arrêt.

Le plus souvent la lycanthropie ne sévissait pas sur un seul individu. .Majs plusieurs habitans d’une rnême contrée étaient sujets en même temps à ce genre de folie. Dans le Jura, là ou Boguet fit une si terrible justice, il y avait beaucoup de loupsgarous, de sorte que presque tous les sorciers s’imaginaient être

l’hom.mh k'I’ l i.ntelligf:nce.

chana;és en loups, courir pendant la nuit à travers champs, déterrant les cadavres, courant sus aux petits enfants, et s’accouplant avec des louves.

Le loup-frarou est différent du loup en ce que son pelape n’est pas au dehors, mais entre cuir et chair (Simon Goulard). « Il va aussi vite que le loup, ce qui ne doit être trouvé incroyable, car ce sont les efforts du mauvais démon qui les façonnent à la suise des loups. En marchant, ils laissent sur la terre la trace de loups. Il ont les yeux affreux et étincelants comme loups, font les ravages et cruauté^es loups, étranglent chiens, coupent la gorge avec les dents aux jeunes enfants, prennent goût à la chair humaine comme les loups, ont l’adresse et résolution à la face des hommes d’exécuter tels actes. Et quand ils courent (‘tiserable, ils sont accoutumés de départir de leur chasse les uns aux autres. S’ils sont saoûls, ils hurlent pour appeler les autres. »

Laissons ces fables. Les loups-garous étaient de pauvres aliénés, vivant comme des sauvages, dans les bois, dans les champs. N’a-t-on pas, il y a quelques années à peine, trouvé dans un département français un individu vivant à la manière des bêtes au fond des bois, complètement nu, inoffensif en somme ; mais inspirant une certaine terreur superstitieuse aux habitants des villages voisins qui ne le connaissaient que par ouï-dire ou pour t’avoir aperçu de loin? Au xvi® siècle, alors que l’ignorance était profonde, alors que les forêts étaient incultes, et les champs en friche, ces hommes sauvages, des fous assurément, qui, poussés par une étrange démence, se croyaient changés en bêtes, n’étaient pas rares. De Lancre, qui a vu uu de ces loups-garous condamné par le Parlement de bordeaux, décrit ainsi la physionomie de ce malheureux : « .le trouvai que c’était un jeune garçon, de Page environ de vingt à vingt et un ans, de médiocre

LES DEMONIAQUES d’aUTREFOIS.

taille, plutôt petit pour son âge que grand ; les yeux hagards, enfoncés et noirs, n’osant quasi regarder le monde au visage. Il étoit aucunement hébété et fort peu spirituel, ayant toujours gardé du bétail. 11 avoit les dents fort longues, claires, larges plus que le commun, et aucunement en dehors, les ongles aussi longs, aucuns noirs depuis la racine jusqu’au bout, et on eût dit qu’ils étoient à demi usés et plus enfoncés que les autres. Ce qui montre clairement qu’il a fait le métier de loup-garou, et comme il usoit de ses mains, et pour courir et pour prendre les enfants et les chiens à la gorse, il avoit une merveilleuse aptitude à aller à quatre pattes, et à sauter les fossés comme font les animaux de quatre pieds. Il me confessa aussi quûl avoit inclination à manger de la chair de petits enfants, parmi lesquels les petites filles lui étoient en délices, parce qu’elles sont plus tendres. »

Ce pauvre Jean Garnier, un simple d’esprit, comme on voit, fut condamné à une réclusion perpétuelle, mais il mourut l’année suivante, [xix]

la fin du XVI® siècle, les épidémies de démonomanie, et par conséquent les exécutions, redoublent. Il y en a en Alsace (lo'il), à Cologne (lo64), en Savoie (1574), à Toulouse (1577), on Lorraine (1580), dans le Jura (1590), dans le Brandebourg (1590), en Béarn (1005) L

Ces épidémies de sorcellerie n’étaieni que des épidémies de folio. Nous reviendrons tout à l’heure sur ce qu’il faut entendre

(l) Pour le détail de quelques-unes de ces épidémies, je renverrai au bel oiivrace de Caliiieil (La Folie considérée sous le ‘point de vue pathologique, historique et judiciaire, 2 vol.; Paris, 18oo) qui a traité avec une érudiLion sûre et perspicace toutes ces questions. Ou peut aussi consulter le livre c.urieu.v et instructif de Simon Goulard (de Senlis) : Histoires admirables et mémorables de. notre temps ; Paris, chez Jean Ilonzé, KiOO, t. i, U® partie, p. 43-61,

i.’hommk kt l’intkmjgexcf..

pay folio épich'niifpio. Constatons souloment (pÇon en faisait une terrible justice. — « Les sprciers pue le sénat de Toulouse eut à ju^er en lo77 étaient à eux seuls plus npnrtbreux que tous les accusé, s non pprçiors qui fprent déférés à la justic^ locale pendant l’espace de deux ans. Beaucoup d’entre eux eureqt à subir des peines plus ou rnoins graves ; près çle quatre cents furent condamnés à périr au n^ilieu des flarnmes, çt, ce qui n’est pas

fait pour exciter une médiocre surprise, presque tous portaient la rnarque du diable. » (Grégoire de Toulouse.)

En Savoie, à peu près à la mèrne époque (io7i), on brûla beaucoup de sorciers. Lanqbert Daneaq qui nous racÆinte brièvement leur histoire, nous dit qu’en un an on brûla plus de quatre-vingts sorciers dn la seule ville de Yalerv. Il ne nous dit

pas combien dans les autres villes ; rnais on peut supposer

que le nombre en est grand. «En Savoie, on les appelles Eryges,

du mot Erinpis, comme je crois, qui signille diablerie, furie infernale, e,t eqyie dq tuer quelqq’un ; çopibien que quelques-uns

aiment mieux les appeler Iriges, du mot grec Irynx, qui signifie certaines espèces d’oiseaux hideux et effroyables, qui A'ont seulement de nuit comme font ces sorciers quand ils vont en

leur synagogue. » En général, ces sorciers étaient de pauvres

pâtres : « si épais qu’on ne les peut dénicher, quoiqu’il s’eu fasse une diligente perquisition, et une plus rigoureuse justice. » D'ailleurs ils ne se recrutaient pas seulement parmi les gens du

peuple, mais encore « parmi les gentilshommes, damoiselles, gens savans et qui ont bruit d’avoir bien étudié. » Daneau ajoute que la sorcellerie est en Savoie un mal très ancien, et que depuis Irénée ce pays est faïueux par ses sorciers. .Nous avons assez in-

(1) Deux Trnit/’s vnuvraiix, trh uUl’x pour ce temps. Le premier touchant les .sorciers, augmenté de deu.c procès exIraiU des greffes pour fêclaircisstwenl et c,onji.rmatlon. Le second contient une brève remontrance sur tes jcu.r de curies et de dès, cIipz Jarqups HiuiniPl. I.“69.

LES pÉMQNUQÜKS R ApTpEEOIS,

sisté sur les procès fip'ts aux soreicres pour pe pas revenir spr ceux de Çavoie. C’est tpidoqrs le rnêrne délire, la même confession de vision fantastiques, de diables noirs, blpncs, verts, baillant des poudres map:iques, avec la torpjre e^ le bqcher pour épilppue.

Les proeps d^ sorcellerie en |jorraine (1530-L^i95) nops sont connus par le livre de Njcolps Rémi L Jlicqlas, ainsi pu’on peut le voir par le seul titre de sop livre, n’est pas doux pour les sorcières. Comme tous ses contemporains, il est d’une crédulité admirable. Il croit ap diable, et il a de bonnes raisons pour y croire; car pendant sa jeunesse, cornnie il passait sa nuit à jouer avec ses camarades Toulouse, un déinon s’amusait à leur jeter des pierres aux jarnbes, et les incommodait fort. De vrai, ce démon n’était pas des pires, car, s’il était importun, au moins ne faisait-il aucun mal. Rémi en conclut que le diable est

partout, dans les teniples les plus saints, dans les cellules des anachorètes, au milieu des saints conciles. A force de croire au diable, on finit par ne plus croire <à Dieu.

En Lorraine, Rémi trouva le démon. Cette fois il s’agissait de le combattre, et on peut être as.sunfi que Rémi ne s’en fit pas faute. Les moindres indices lui servent pour retrouver la trace de Satan. Un jour, Catherine souffle sur un charbon allumé près du visage de Lolla, qui était enceinte. Par ce maléfice, Lolla ressentit aussitôt les douleurs de l’enfantemenp et put à peine rentrer au sien domicile devant que d’accoucher. Catherine est prise et brûlée comme sorcière. — .leanne prend pne coquille

M) N'ifiolns R('-ini, conseillpr iiitiiue ihi p^rftnispiiiiR duc, de Lorraine, Lfmonoldlrip (l’apréx Ips juf/emPtitH, xninis de mort, d’environ nenf cents personnes fini, pendant l’espace de quinze ans en Lorraine, payèrent de'ïeurvie leur crime de sorti tèye;' Colonne, ciicz Henry FalcVeuburi.’, l.o96, (Bibl.nnt. If. 2.o69). Dans le niême volume ou trouve un traité de Georees Piclor, docleur-iuédecin de la curie impériale à LnMsbeim (Haute-Alsace) : dès Démons qui se réunissent d certaines périodes tunuires e^ un Ahréfjé de mayie rérémoniale (incomplet), chez Henry Pierre ; Bâle, lo(12.

l’homme et l’intelligence.

d’escarjîot et la réduit en poudre ; cette poudre fait mourir tous les moutons de Barbara. Sur ce point Rémi disserte fort savamment. Cette poudre était-elle nuisible en elle-même ou par l’intention de nuire ? En fut-il comme de cette fontaine de Dodone, dont parle Pline, où les flambeaux éteints s’allumaient et où s’éteignaient les flambeaux allumés ? Le savant conseiller de Lorraine restant indécis, il nous est bien permis de ne pas résoudre la question. Des voyageurs s’égarent la nuit, et ne peuvent retrouver leur chemin : c’est la vieille femme qu’ils ont rencontrée tout à l’heure qui leur a jeté un sort. Ce qui préoccupe surtout Rémi, ce sont les effets des poudres magiques sur la santé. Il s’étend avec, complaisance sur ce sujet, cherchant des exemples chez les anciens, parmi lesquels il a surtout lu et relu VAne d’or d’Apulée, et il prend pour argent comptant la fantaisie du romancier latin. Que les maladies aient une cause naturelle, simple, voilà ce que Rémi ne saurait admettre. En cherchant bien, ôn finit toujours par découvrir une sorcière. Un paysan est blessé par une épine, c’est une sorcière qui envenime le mal. Le mal guérit, c’est que la sorcière a eu peur. Un jeune enfant, debout près de la fenêtre, tend le bras pour prendre un nid d’oiseaux : il tombe et meurt des suites de sa chute. \’y a-t-il pas évidemment de la sorcellerie ? Le pis de toutes ces sottises, c’est qu’elles se terminent toujours par un biicher allumé.

La sorcière qui avait fait tomber l’enfant par la fenêtre ét,ail une vieille mendiante qu’on appelait l’.dH/êrc. On la prend, on l’interroge, on la torture. Pendant qu’elle est soumise aux horreurs de la question, la pauvre folle, les cheveux hérissés et la stupeur dans les yeux, regarde, tixement un des angles de la salle : « C’est le démon, dit-elle, mon petit maître (ivngisteUiis), qui me regarde. 11 a l’aspect féroce ; ses doigts sont crochus et

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