‹ L'homme et l'intelligenceChapitre 4 sur 71 · La Scola medica mlernitana. Sept. 1874. p · texte numérisé non relu

La Scola medica mlernitana. Sept. 1874. p

2. Voyez Darwiu, L'Expression des émotions; nuchenne de Ronlofrne, Physiologie des mouvements.

10 l/nOMMIÎ RT 1,’INTRRRKJKNCR.

petit, et offrir moins de surface à la douleur. Il est intéressant de remarquer que, pour l’homme comme pour tous les animaux, on retrouve ces mêmes mouvements généraux de flexion et d’extension, répondant aux sentiments différents de plaisir et de douleur. Le plaisir répond à un mouvement d’épanouissement, de dilatation, d’extension. Au contraire, dans la douleur, on se rapetisse, on se referme sur soi; c’est un mouvement général de flexion.il y a cependant une observation à faire, c’est que ce mouvement de flexion a, au moins pour les muscles vertébraux, une forme spéciale. Ainsi il est une tendance générale, et cela dans presque toute la série des vertébrés, à rapprocher les unes des autres les apophyses épineuses, protectrices de la moelle épinière. C’est un mouvement de défense plutôt qu’un mouvement de douleur; mais il est bien facile de comprendre que ces deux sortes de mouvements se confondent, dans la plupart des cas, et que la douleur vive impose à l’animal qui souffre des mouvements de défense.

Ces mouvements de douleur, si caractéristiques, constants chez tous les animaux intelligents, sont-ils des mouvements réflexes ? La question est plus difficile à juger qu’on le croirait au premier abord; car il est des actions réflexes qui sont conscientes, et, si l’on veut éliminer du groupe des mouvements réflexes tous ceux qui sont perçus par le sensoriiim commune, ou arriverai ta des conclusions manifestement absurdes. Ainsi, quand on approche vivement un objet de nos yeux, ou quand nous entendons un bruit violent et inattendu, nous fermons involontairement les paupières. Cependant le clignement est perçu, et à la rigueur on pourrait concevoir qu’il lût empêché par la volonté.

11 en est absolument de meme pour ces mouvements de douleur. Ils sont perçus, presque voulus, et presque involontaires. Il y a là une sorte d’intermédiaire entre la volonté et la nécessité, en

LA DOULEUH. H

sorte que souvent un effort extrême pourrait les empêcher, mais que parfois, l’excitation extérieure étant très-forte, la volonté serait impuissante.

Beaucoup d’actions réflexes sont dans ce cas, et il y aurait peut-être lieu d’établir une distinction entre les actions réflexes involontaires et' les actions réflexes volontaires, malgré l’apparence paradoxale de ce mot.

M. Lussana' a fait remarquer avec raison que la douleur morale, au lieu de produire des mouvements spasmodiques, paralyse les mouvements, et, dans une étude intéressante, il a rappelé que les poètes et les peintres avaient comme une intuition inconsciente de ces phénomènes, et étaient arrivés, par l’observation, à les connaître, et à les représenter exactement.

Mais il est d’autres actions réflexes entièrement soustraites à la volonté, et qui pourraient passer pour des conséquences de la douleur.

Bichat avait jadis fait remarquer que, pour reconnaître si une douleur est fausse ou véritable, il suffit d’explorer le pouls, mais les expériences des physiologistes modernes ont donné des résultats plus précis. Je ne puis entrer dans les détails de cette difficile question ; je me contenterai de dire que par l’excitation intense d’un nerf de la sensibilité générale, excitation produisant une vive douleur, le cœur suspend ses battements ; cet arrêt du cœur est le résultat de l’excitation du pneumogastrique : et Schiff a été jusqu’à dire qu’en excitant par des excitations graduellement croissantes le nerf sciatique, on obtenait les mêmes phénomènes cardiaques que par l’excitation graduellement croissante du nerf pneumogastrique. Selon Wundt^ ce sont les premières manifestations de la sensibilité, et elles ne manquent ja-

Page 1