XXII. L’identité des différents délires
L’intelligence réagit à peu près toujours de la même manière, de sorte que les différentes formes de délire se ressemblent toutes plus ou moins. Les délires des hystéro-épileptiques, des épileptiques, des absinthiques,
l’homme et l’intelligence.
des alcooliques, des hachichés, des fumeurs d’opium, sont de même essence. Tous se ressemblent : ce ne sont que les variations d’une même maladie.
En effet il n’est pas possible que l’intelligence ait raille manières de réagir; ce ne peut être que par les mêmes processus et les mêmes lois.
Donnons brièvement quelques exemples de cette uniformité dans la réaction de l’intelligence aux poisons.
X. ... alcoolique, se croit raillé par ses camarades, surveillé par des individus suspects ; il entend des cascades mugir autour de lui ; il aperçoit un chalet illuminé, des panoramas; il entend des chants et de la musique ; il voit des lanternes rouges qui se balancent suspendues aux arbres ; il marche vite, et fuit : toutes ces fantasmagories le suivent. Il voit des croix, des ombres, des étincelles, il entend des voix qui le poussent à se tuer *.
L... alcoolique, voit des souris, des rats, qui courent dans sa chambre, montent sur son lit et le chatouillent au nez. D’autres fois, il est dans les champs : des chevaux et des bœufs le poursuivent. Il voit des serpents qui l’atteignent et le mordent aux jambes.
X.... alcoolique, cité par M. Magnan, voit des insectes et des araignées s’attaquer à lui. Il regarde à travers la fenêtre ; c’est, dit-il, la bande de la place Maubert, déguisée en ours avec des fla-fla. Il y a une cavalcade avec des lions, des panthères, qui regardent et font des grimaces. Il y a de petits enfants déguisés en chiens et en chats. Il reconnaît Émilie, puis des hommes qui le menacent, qui le visent avec leurs fusils... Il aperçoit des sergents de ville, des hommes armés. 11 poursuit des pigeons, des chats, des rats. Il voit des oiseaux morts avec un long bec, et, sous son lit, au moins deux cents rats qui mangent ses provisions.
Cl... absinthique, croit voir sa femme et ses enfants, les engage à fuir, à échapper au danger. Se détournant, il voit aux pieds du lit des rats, une araignée, des flammes.
L...., absinthique, se voit entouré d’un essaim de mouches qui bourdonnent autour de sa tête, pénétrent dans les yeux, les oreilles, le nez et la bouche. Ses crachats sont remplis de pelotons d’insectes. Il voit du monde sur les toits, et aperçoit des fusils braqués sur lui. Il ramasse des objets sur ses vêlements ; secoue des torchons qui sont couverts d’ordures ; parle à son patron, se cache, et veut fuir pour éviter les balles.
N...., hystéro-épileptique, voit des araignées, des rats, des singes, qui courent à quatre pattes et lui font des grimaces. Elle voit des fleurs rouges avec des bêtes dedans, « Oh ! ces horreurs de bêtes 1 des crapauds,
des hannetons, des lézards. » Elle voit des ihevaux morts, des pail-
^ Cite par Vedcl. De la valeur âiagnoslique ân rhe. Thhe de doctoral. 1878, p. 9.
Voyez les détails plus nombreux que donne M. Paul Uicher dans son ouvrage sur 'llysléru-dpilepsie.
NOTES ET APPENDICE. 505
lettes d’or qui dansent devant ses yeux; des fantômes, des tôles affreuses.
Ler..., hystéro-épileptique, voit des bêtes, des souris, des rats, des papillons. Tout tourne autour d’elle. Elle entend des bourdons, voit des rats gris le long du mur, des papillons de toutes les couleurs avec de petits ronds brillants par dessus les ailes. Elle s’imagine que son lit marche et roule, et que tout saute; elle entend des cloches qui sonnent, se plaint de voir double, et croit qu’elle a des bêtes dans le ventre *.
Le docteur Lantier étant âgé de 34 ans, s’empoisonne avec la Datura; trois heures après, il est pris d’un délire complet, il voit des toiles d’araignées sur son pain ; on lui verse à boire, et le vin se répand à flots sur la table ; il voit par la fenêtre des tourbillons de flammes; des hommes à l’aspect sinistre marchent vers lui ; il entend des voix menaçantes, et voit des apparitions qui le terrifient.
Les hypochondriaques se plaignent qu’on leur coule du plomb fondu dans les veines; que leurs nerfs sont tordus et déchirés; qu’ils sentent des tisons ardents qui leur brûlent l’estomac. Poursuivis par des odeurs fétides, ils croient que leur corps est gangrené. D’autres encore attribuent leurs sensations douloureuses â des animaux qui sont logés dans leur corps; à des grenouilles, à des serpents, qui remuent dans leurs entrailles.
Dans le délire de la fièvre, il y a des illusions et des hallucinations de l’ouïe et de la vue. Le malade entend des voix, voit des fantômes, des animaux fantastiques. Ces visions semblent provoquées par les dessins des rideaux et des tapisseries de la chambre. « Dans les accès de fièvre, dit Aristote, en son traité des Rêves, il suffit de la moindre ressemblance formée par des lignes qui se rencontrent au hasard, pour faire croire au malade qu’il y a des animaux sur la muraille de sa chambre; et quelquefois ces hallucinations suivent, en intensité, les progrès du mal. Si l’on n’est pas très malade, on reconnaît bien vite que c’est une illusion ; mais, si la souffrance devient plus forte, le malade va jusqu'à faire des mouvements vers les objets qu’il croit voir. »
Thomas de Quincey, célèbre mangeur d'opium, voyait dans son délire les flots soulevés, la mer pavée d’innombrables figures tournées vers le ciel, pleurant, désolées, furieuses. 11 voyait un cadavre arriver près de son lit, il sentait son odeur pestilentielle et ses poils dégoûtants lui effleurer le visage. Puis c’était une procession sinistre de squelettes horribles, portant leur tête à la main, et de longs cierges brûlant d’un feu rouge ou bleuâtre.
X...., cité par M. Moreau, ayant pris "une certaine quantité de
1 Article Datura du Dictionnaire encyctopédique des sciences médicales.
2 Article Délire du Dictionnaire encyctopédique des sciences médicales, p- 3ü3.
3 Article Délire, toco citalo, p. 360.
l’homme et l’intelligence.
hachichj voit des lanternes brillantes qui marchent, dansent et s'agitent. Il entend du bruit, de la musique, aperçoit des masques incohérents, voit un gros rat se promener sur le nez de B...; le rat se gonfle et devient énorme.
On pourrait multiplier les analogies de toutes ces diverses formes de élire. C’est là le délire des sens proprement dit. Ce n’est pas le délire du raisonnement, comme dans la manie et la folie.
N’est-il pas étrange que toutes les fois qu’il y a perversion de l’intelligence humaine, au lieu des innombrables modalités qui auraient été possibles, ce soient toujours les mêmes formes d’aberration intellectuelle qui se retrouvent.
XXlll. Action de la température, de l’asphyxie, et de l’anémie sur
r intelligence.
J’ai tenté de faire ailleurs l’étude de la cellule cérébrale, au point de vue de ses réactions générales et de ses propriétés C Je n’ai à parler ici que des phénomènes psychiques dus à des troubles dans l’état physiologique du cerveau.
Rien ne peut montrer, mieux que cette étude, la puissante influence des phénomènes physiques sur les fonctions de l’âme. Que la température du cerveau s’élève d’un degré, que le sang circulant dans les circonvolutions diminue de quantité, ou de richesse en oxygène, et aussitôt on verra subvenir des troubles psychiques.
Comme il y a toujours qu’un mode de réponse possible à la cellule intellectuelle, c’est toujours par l’ivresse et la stupeur que se traduiront les phénomènes morbides.
Le premier effet de l’anémie, c’est l’excitation intellectuelle. Ce n’est pas tout à fait le délire, mais c’est une activité plus grande dans l’idéation, pareille à ce qu’on peut observer sur soi, si l’on analyse la période de somnolence qui précède le sommeil. Les idées se pressent en foule; mais elles sont désordonnées, et on demeure impuissant à les fixer ou à les conduire. M. Fleming, observant sur lui-même les effets de l’anémie (qu’il obtenait en comprimant sa carotide avec le doigt), dit que l’esprit rêve avec activité : quelques secondes paraissent être des heures, en raison du nombre et de la rapidité des pensées qui traversent le cerveau. On a vu que le hachich produit la même étrange illusion.
Il est probable que le sommeil est une sorte d’anémie cérébrale. Or, en s’analysant soi-même, on constate distinctement que le début du soin-
' Lefots sur la physiologie générale des muscles, et des uerfs, 1S8Î, p. 80Î-<ÎS2.
NOTES ET APPENDICE
meil est accompagné d’une certaine excitation. Chez certaines pesonnes,que la fatigue accable, et qui dorment debout, et rêvent tout éveillés, suivant l’expression vulgaire, on voit quelquefois survenir un véritable délire, qui ressemble, à s’y méprendre, à l’ébriété alcoolique. Chez ceux qui sont dans cet état psychique désagréable, l’association des idées est rapide et burlesque, n’étant plus réfrénée et guidée par la volonté et la raison. Je connais quelqu’un, qui, sous l’influence du sommeil qui commence, dit des paroles sans suite, et se plaint « d’être gris » .
L’insomnie et l’agitation fébrile qui l’accompagne, ne sont probablement que la continuation de cette première période. En général, à cette période normale d’excitation succède le véritable sommeil ; mais il est parfois des soirs où la période de sommeil ne peut pas s’établir, et où l’excitation cérébrale du début persiste pendant toute la nuit. C’est alors l’insomnie fiévreuse, agitée, anxieuse, pendant laquelle les idées, se succédant en tumulte, vont et viennent sans ordre ; et leur succession irrégulière, vertigineuse, ne peut plus être modifiée on arrêtée par la volonté.
Il serait assurément aussi difficile de travailler sérieusement dans l’insomnie que dans l’ivresse. Ce sont deux états psychiques très analogues.
A un degré plus avancé l’anoxhémie et l’anémie produisent la stupeur et la perte de connaissance.
La diminution dans la quantité de l’oxygène du sang, ou anoxhémie, est caractérisée au début par ces mêmes phénomènes d’excitation. Crocé-Spinelli etSivel,dans leur ascension aéronautique,suivie,commeon sait d’une fin tragique, ont éprouvé, avant d’atteindre les hauteurs énormes auxquelles ils sont arrivés finalement, certains symptômes d’excitation intellectuelle. Dans le mal des montagnes, qui n’est autre, d’après les beaux travaux de M. Bert, qu’une anoxhémie lente, il y a quelques phénomènes d’ébriété, quoique souvent ce soit la dépression intellectuelle qui domine, plutôt que la surexcitation.
Les jeunes filles et les jeunes femmes atteintes d’une anémie généralisée par suite du défaut dans la quantité ou la qualité des globules du sang, ont un caractère difficile et irritable. Leur caractère redevient normal, quand l'anémie a cessé.
Peut-être faut-il rattacher à l’anémie les effets de la commotion cérébrale. On sait que dans ce cas, malgré la gravité des symptômes, il n’y a pas de lésion organique appréciable.
La commotion cérébrale ne peut pas donner le délire; elle produit, soit une perte de connaissance passagère, soit un coma prolongé, soit un coma promptement mortel.
l’homme et l’intelligence.
La perte de connaissance passagère est caractérisée par un phénomène psychologique intéressant. Les individus qui ont reçu un choc violent sur la tète, après une perte de connaissance plus ou moins longue, quand ils reprennent leurs sens, ont perdu pour quelque temps la mémoire. Le plus souvent la mémoire revient au bout de quelques jours ou de quelques heures ; mais elle n’en a pas moins été profondément altérée.
Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’il se fait alors un dédoublement de la mémoire.La mémoire des choses récentes est perdue, alors que la mémoire des choses anciennes est conservée. J’ai pu observer nettement un exemple de cette dissociation. Je me promenais avec un de mes amis au bord de la mer, dans un endroit escarpé, quand il tomba: la tête porta sur une roche, et il perdit aussitôt connaissance. Au bout de quelques secondes, il revint à lui ; mais pendant près d’une heure il avait oublié tout ce qui précédait immédiatement sa chute, ne sachant pas pourquoi il était avec moi au bord de la mer, au lieu d’être à Paris. Il avait pour un temps oublié complètement les dernières vingt-quatre heures de son existence, et ne pouvait se souvenir que de ce qui était plus ancien.
M. Ribot ‘ a réuni un certain nombre d’exemples analogues. La mémoire des choses récentes est bien plus fragile que la mémoire des choses anciennes, très résistante.
D’ailleurs, à propos du somnambulisme, j’aurai l’occasion de revenir sur ces troubles de la mémoire.
De même que l’élévation de la température amène une accélération du rythme respiratoire, en rendant plus excitable le centre nerveux qui commande les inspirations ; de même elle provoque une activité plus grande, quoique désordonnée, dans les fonctions intellçcluelles.
Si la température du cerveau s’abaisse, il y a plutôt de la dépression cérébrale, tandis que, si elle s’élève, il y a plutôt de l’excitation.
Il suffit chez certaines personnes d’une élévation de température de 1® ou de 1® 5, pour amener, sinon le délire, au moins une excitation intellectuelle très manifeste. Pour ce qui me concerne, je sais qu’un accès de fièvre, même léger, qui porte ma température à 39° ou 39° 5, provoque toujours de l’agitation et un subdelirium bien caractérisé. Dans cet état l’intelligence reste parfaitement consciente; mais les idées se succèdent rapidement, sans ordre, et sans pouvoir être arrêtées. Il y a alors chez moi quelque tendance à être envahi par une idée fixe qui m’obsède : et même, le plus souvent, cette idée fixe, d’une ténacité exagérée, est la peur d’être atteint d’une maladie grave.
Ce qu'il y a en effet de remarquable dans le délire thermique, c’est
Des maladies de la mémoire, 2° édit., p. 63.
NOTKS KT APPENDICE. 609
la persistance et la fixité extraordinaire d’une idée insignifiante ou saugrenue.
Si la température s’élève plus encore, comme dans certaines fièvres graves, soit à 40» ou 41“, le délire est complet. Il y a tantôt de l’incohérence, et une agitation furieuse, tantôt de la stupeur et un affaissement comateux.
A la vérité, sur les animaux qu’on échauffe, on n’observe rien de semblable. J’ai pu, en électrisant des chiens et en les tétanisant, faire monter graduellement leur température jusqu’à 45®, sans voir aucun phénomène psychique anormal se produire. Mais ne savons nous pas que les phénomènes intellectuels sont bien difficiles à caractériser ailleurs que chez l’homme ?
Assurément la température mortelle ou dangereuse varie beaucoup avec l’être même qui est en jeu. Ainsi j’ai pu prouver que chez les animaux inférieurs, l’écrevisse, par exemple, une température de 24® paralyse complètement les fonctions volontaires et psychiques, et laisse intacts les phénomènes réflexes, circulatoires et respiratoires. Cependant chez de petits crabes, et de petits poissons, j’ai vu la conservation de toutes les fonctions, alors que leur température était de 27®.
Ce qui prouve que ce n’est pas la maladie; mais l’élévation de la température, qui produit le délire, c’est que l’insolation, ou le coup de chaleur amène les mêmes effets psychiques. Dans les marches forcées que font les troupes européennes aux pays chauds, parfois un ou plusieurs soldats sont pris subitement de délire furieux, et d’une agitation désordonnée, qu’on ne peut imputer qu’à, l’hypertherinie. Si une médication convenable ne leur est pas administrée immédiatement, ils sont ensuite pris de stupeur, de coma, et périssent avec tous les symptômes de la mort par excès de chaleur *. Toutefois, dans un grand nombre de cas, la mort survient brusquement, et l’attaque de chaleur débute par le coma et la perte de connaissance, sans être précédée de délire. ,
On cite quelques exemples de délire produit par une chaleur extrême. D’après M.Falret, cité par il/, üebacker-, les marins qui passent sous la ligne de l’équateur (en cette zone que les navigateurs nomment le j)ot au noir) subissent l’influence de l’extrême chaleur, et éprouvent des syrap-
‘ Dans une expédition du général lîugeaud, en 1830, dans la province d’ûran, pendant les plus fortes chaleurs de l'été, et alors que le therinoiuètre dépassait les trois quarts de sou échelle (??) cinq hoiunies, frappés de délire le même jour, se firent sauter la cervelle... » Guyon de méd. milil. cité par Thaune. Thèse de doctoral, l’aris,
1877, — D’après .M. Kayrer (Sunsloke and some of ils sequelœ. llrain, t. Il, p. 297) le coup de chaleur aurait des conséquences très lointaines, et serait une cause occasionnelle de folie, même an bout do plusieurs années.
* Des hallucinations el terreurs nocturnes. Thèse de doctoral en médecine. Paris, 1881, p. 15,
l’homme et l’intelligence.
tômes que les Castillans appellent la Calenture. Ils sont alors victimes ' d’hallucinations funestes: la mer leur apparaît comme une plaine émaillée de gazons et de fleurs, les plantes les plus variées, aux couleurs éclatantes, engagent le malade à se jeter hors du navire; et il trouve la mort dans les flots, victime de son hallucination, si ses compagnons ne l’attachent pas solidement : c’est ce que les marins français appellent le mirage de mer.
Dans le désert, après une longue course, sous un soleil ardent, le voyageur est souvent en proie à une hallucination semblable. Ce n’est pas le mirage, lequel est dû à une réfraction particulière des rayons lumineux; c’est un véritable délire. Le voyageur devient le jouet d’ballucinations fantastiques. Des figures grimaçantes, des êtres aux formes grotesques, quelquefois aussi des paysages délicieux, lui apparaissent.
Les Anglais ont décrit sous le nom de the horrors un phénomène quelque peu analogue. En hiver, dans les pays froids, lorsque les marins, après une rude traversée, se sont réchauffés autour d’un poêle ardent, ils sont pris, en rentrant à bord, de vertiges et d’hallucinations : un irrésistible désir les pousse à se précipiter dans la mer qu’ils voient comme un jardin émaillé de fleurs.
Quand au froid, il engourdit, comme on sait, non seulement la sensibilité et la motilité ; mais encore les facultés intellectuelles. Tous ceux qui ont subi les effets prolongés d’un froid intense reconnaissent qu’il est alors impossible de penser. L’intelligence est comme anéantie. Si le refroidissement continue, c’est une stupeur profonde, une somnolence irrésistible, qui gagnent peu à peu. Larrey raconte que, pendant la campagne de Russie, les soldats marchaient comme ivres ; puis s’étendaient sur le sol glacé sans prononcer une parole, sans se plaindre, ne cherchant qu’à dormir quelques instants. S’ils s’abandonnaient à ce sommeil, ils ne se réveillaient plus.
NOTES ET APPENDICE