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II. Contractures de la 'première période

La plupart des auteurs qui se sont occupés du somnambulisme n’onl guère étudié que la période pendant laquelle le sommeil est complet ; mais, s’ils avaient fixé leur attention sur la première période, celle qui est caractérisée par de l’engourdissement, et qui n’a que des symptômes peu marqués, ils eussent sans doute reconnu une augmentation énorme de l’excitabilité réflexe des muscles L

Voici comment on peut faire cette constatation : on tend fortement l’avant-bras sur le bras, en pressant à plusieurs reprises sur le triceps brachial, de manière à déterminer une sorte de malaxation de ce muscle. C’est par un procédé analogue que j’ai pu montrer Texcitabilité extrême des muscles chez les hystériques Une contraction forte ou une excitation mécanique du muscle suffisent à déterminer aussitôt la contracture de ce muscle.

Chez les sujets soumis pendant quelques temps aux passes dites magnétiques, on peut facilement provoquer la contracture du bras, comme si l’état physiologique de l’individu soumis aux passes était le même que celui d’une hystérique. Le sujet garde son bras tendu sans éprouver de fatigue ; mais il faut pour cela qu’on ait au préalable, par des malaxations du muscle, provoqué cette contracture réflexe. L’autre bras étant simplement tendu, il y a une très notable différence, perçue par le sujet, entre ses deux bras. A celui qui est contracturé, il ne ressent aucune fatigue, tandis que le muscle tendu se fatigue très-vite, et devient bientôt lourd comme du plomb. Chacun pourra faire sur soi-même cette expérience, et constater qu’au bout dedeuxou trois minutes on sent dans le bras tendu horizontalement une extrême fatigue. Au contraire, les personnes qui viennent d’être soumises quelques minutes au magnétisme peuvent garder longtemps le bras tendu sans se fatiguer.

Non-seulement la fatigue est moindre dans le bras ainsi contracturé ; mais encore il faut une certaine force pour le détendre. Le patient peut le ployer, mais il reconnaît que celte flexion exige un certain eflfort. L’observateur, en appuyant légèrement sur le bras, constate qu’il est raide comme un morceau de bois, alors que le bras de l’autre côté fléchit à la moindre pression. ■>

Voici deux faits de cet ordre :

1® R..., jeune homme de 18 ans, soumis aux passes pendant dix minutes, éprouve un peu de somnolence, mais il a les yeux ouverts ; l’in-

‘ Ch. Uiohnt Archives de physiologie, 1881, p. 15S.

* Faits pour servir à l'histoire des contractures. — Progrès medical, mai-juin 1880, et Comptes rendus de l’Académie des sciences. 1®*' sept. 1870.

NOTES ET APPENDICE

telligence et la conscience sont intactes. Si je lui tends le bras, ce bras se raidit, et reste tendu horizontalement pendant nn quart d’heure, sans qu’il y ait sensation de fatigue ;

2" G..., âgé de 2o ans, après quelques passes, faites pendant cinq minutes, a tous ses muscles très-excitables. On peut, en malaxant tel ou tel muscle, provoquer sa contracture (c’est ce qu’il appelle une crampe). Cette contracture dure presque indéfiniment : elle est d’ailleurs peu douloureuse. Si on lui fait porter un poids lourd par le bras tendu, le bras reste contracturé dans la situation horizontale. On peut s’assurer de l’existence de cette contracture en tâtant le triceps, qui est dur et tendu comme une corde. Il faut un certain effort à G... pour ployer son bras.

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