‹ L'homme et la bêteChapitre 104 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

lève en masse et court sus à l’ennemi. Pour l’ordinaire, le Léopard, la Panthère, le Lion même 6\itent les Cynocéphales, et se tiennent à distance des stations occupées par ces derniers. Or, à tout prendre, mieux valait encore pour lesÉgyptiens le voisinage des Singes, qui ne leur prenaient que des fruits et des légumes, que celui des carnivores, qui eussent exercé des ravages parmi leurs troupeaux et fait courir de sérieux dangers à leurs enfants et à leurs femmes. 11 ne faut donc pas s’étonner du respect que leur inspiraient ces courageux gardiens de leurs frontières, ces Singes dont l’humeur belliqueuse faisait reculer les tyrans du désert. Leur protection, je l’avoue, devait être incommode et coûteuse ; mais on était probablement obligé de l’accepter, bon gré mal gré. « Les hommes, dit M. Brehm, ne peuvent guère qu’éloigner de temps en temps ces animaux de leurs plantations. Une véritable chasse exigerait un grand nombre de chasseurs pour ne pas être dangereuse, et du reste il serait toujours difficile de leur faire une guerre d’extermination. » Les Serpents ont seuls le pouvoir d’inspirer aux Cynocéphales une terreur invincible, et un tel fait, s’il avait été observé par les Égyptiens, ne pouvait qu’accroitre la haute idée qu'ils avaient conçue de la sagesse et de la prudence de ces Quadrumanes. Ajoutons que les Cynocéphales sont d’excellents destructeurs d’insectes; (pie les Sauterelles, — une des plaies de l'Orient, — sont pour eux un régal délicieux ; qu'enfin ils savent même attraper le Scorpion sans se laisser piquer ; qu’ils lui arrachent la queue, et le croquent ensuite avec autant de plaisir qu’ils en éprouvent à manger des Araignées ou des Insectes.

I<c Léopard et les Cynocéphales.

On voit qu’à considérer seulement les services rendus aux Égyptiens par les Cynocéphales à l'état sauvage , l’origine utilitaire du culte de ces animaux est déjà trèssoutenable. Mais il y a plus : les Égyptiens durent être vivement frappés des aptitudes variées que l’éducation ré-

l.r Papion ou Cynocéphale lartarin.

vêle chez le Cynocéphale et des talents qu’il est capable d’acquérir. Au nombre de ces talents, il en est un qui était surtout de nature à mériter leur admiration et leur gratitude : le Cynocéphale est un excellent trouveur de sources, et il n’a pas besoin pour cela de la fameuse ba-

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