‹ L'homme et la bêteChapitre 105 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

guette de coudrier. « Au Cap, dit M. Brelim, on s’en sert pour la recherche de l’eau dans le désert. Des voyageurs dignes de foi nous apprennent que tous les Cynocéphales ont été reconnus comme d’excellents chercheurs d’eau. On les apprivoise souvent dans ce but, et on les emmène dans les régions où l’eau est si rare, que les habitants des

Main antl-rieurr du Papion.

Main postérieure du Papion.

forêts ne savent recueillir que goutte à goutte ce précieux élément. Lorsque la provision d'eau commence à diminuer, on donne à manger quelque chose de salé au Cynocéphale. Quelques heures après on l’attache à une corde et on le laisse courir. L’animal, tourmenté par la soif, se tourne à droite, à gauche , en avant , en arrière , aspire

l’air, arrache des plantes pour les examiner, indique enfin qu’il a trouvé de l’eau en fouillant le sol où elle est cachée, ou en se dirigeant avec une assurance complète vers l’endroit où elle coule. »

Le genre Cynocéphale comprend plusieurs espèces. Dans celle qui est le plus souvent représentée sur les monuments égyptiens, les zoologistes ont reconnu le Papion, ou Cynocéphale tartarin ( Cynoceplialus llamadryas). C’est lui que les Égyptiens vénéraient comme l’incarnation du dieu Thôth, le maître et le précepteur du grand Osiris; c’est lui que les peintures et les basreliefs nous montrent tantôt assis sur l’autel et recevant les hommages et les vœux, tantôt suivant attentivement les oscillations d’une balance dans laquelle il pèse les bonnes et les mauvaises actions des humains. Cependant les Papions n’existent plus depuis longtemps en Égypte. On les trouve aujourd’hui dans les montagnes de la Nubie méridionale et de l’Abyssinie; ils sont surtout nombreux vers le nord, où ils suivent la région des pluies et trouvent des plateaux couverts d’une végétation assez abondante.

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