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Le fanatisme des anciens Égyptiens pour l’Ibis était au moins égalé, sinon surpassé par celui qu’ils professaient pour le Chat, et que justifient, du reste, beaucoup plus aisément les services très-apparents, — plus apparents que réels à mon avis, — par lesquels ce joli Carnivore a de toute antiquité conquis sa place au foyer et à la table de l’Homme civilisé. Il y avait peine de mort pour le meurtre même accidentel et involontaire d’un de ces animaux. On s’appliquait à les nourrir selon leur goût; ce qui, soit dit en passant, n’était pas un bon moyen pour leur faire prendre les Rats et les Souris. A Rubastis les Chats sacrés avaient un temple, et dans ce temple un vivier peuplé de Poissons destinés à leur usage. Lorsque ces divins Minets venaient à mourir, on les embaumait, cela va sans dire, et on enfermait leurs momies dans des boîtes, qui reproduisaient extérieurement toutes leurs formes. Hérodote assure que dans les incendies le premier soin des Egyptiens était non d'éteindre le feu, mais de sauver les Chats : tâche difficile, au dire de cet historien, car les Chats sautaient par-dessus les hommes ou passaient entre leurs jambes pour se précipiter dans les llammes. Ce fait, selon M. Champfleury, mériterait confirmation. Je le trouve, quant à moi, tout à fait vraisemblable : non que les (.liais aiment à être brù lés; mais qui ne connaît leur attachement pour la maison qu’ils habitent et la difficulté qu'on éprouve à les en arracher? Je renvoie, pour plus amples détails relativement à la condition des Chats dans l’Egypte antique et ailleurs, à la monographie si originale de M. Champ-