‹ L'homme et la bêteChapitre 11 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les animaux civilisateurs. — La famine et l'anthropophagie. — Les anthropophages par goût. — Les Yi tiens. — Les anthropophages insulaires et les anthropophages continentaux. — Ceux qui ont le Chien et ceux qui ne l’ont pas. — Paradoxe de M. Toussencl. — Les Mincopies et les Australiens. — Les animaux domestiques et le progrès. — Les Hottentots.

Le Chien, le troupeau, la Bète de travail, tels sont les premiers et indispensables instruments de toute civilisation. Privé de ces auxiliaires, l'Homme est voué à l’ignorance, à la barbarie, à pis encore. Comme il n’a pas trop de toutes ses facultés et de toutes scs forces pour subv enir aux besoins de chaque jour, il n'en peut rien distraire au prolit de son perfectionnement individuel ou social. Il n’a point de loisirs pour observer, pour méditer, pour inventer. Les arts, l’industrie, la science, la philosophie lui sont interdits à jamais. Voué à une existence précaire et misérable, il glisse sur la pente fatale qui conduit à l'anthropophagie; et il arrive presque infailliblement à cette hideuse coutume, dernier terme de la dégradation morale, si le gibier et le poisson viennent à lui manquer, et alors même qu’il pourrait trouver à la rigueur dans les produits du règne végétal une alimentation suffisante. Car les appétits carnassiers sont chez le Sauvage plus impérieux qu’on ne croit, et, — chose monstrueuse que j’ai omis de mentionner plus haut en signalant les côtés par lesquels l’Homme est inférieur à la Bète, — loin d’avoir

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