CHAPITRE VI
Poisson gigantesque, aux écailles resplendissantes, armé d’une corne énorme, à laquelle Satyavrata amarre son navire avec un grand serpent, dont il se sert en guise de câble.
La seconde fois, Vishnou s'incarne en une immense
I<c Poissongi'ani du déluge Hindou.
Tortue, pour relever le mont Mérou, mont sacré, Olympe brahmanique et support du monde, qui s’était abîmé dans les flots de la mer de lait. Tandis qu'il soutenait ce fardeau sur sa carapace, le Serpent Sécha, ou Vasouki, s’enroula autour du mont Mérou , puis les dieux et les
démons, saisissant le Reptile, les uns par la tète, les autres par la queue, se mirent à le tirer en sens contraires; ce qui imprima à tout le système un mouvement rapide de rotation. La mer de lait, barattée en quelque sorte par ce mouvement, épancha à sa surface , comme une crème, l’eau de l’immortalité, avec une foule d’objets précieux et d’êtres divins, tels que la Lune, l’Éléphant blanc à trois trompes, le Cheval Outchaïsrava, à quatre ou à sept tètes, et enfin la belle Lackmi, qui devint l’épouse de Vishnou. Cette déesse Lackmi, à son tour, revêt la forme de Kamadenou, vache merveilleuse et ailée comme le cheval Pégase. Elle est tricolore, et une triple queue orne sa croupe divine. Tous les êtres animés puisent la vie à sa mamelle, et si l’on en croit ses adorateurs et ceux de Vishnou, le Gange et bien d'autres fleuves s’échappent de sa bouche.
J’arrive au troisième avatar. Un démon terrible, un 'démon des eaux menaçait la Terre d’un second déluge. La Terre appelle Vishnou à son aille. Le dieu compatissant ne se fait pas prier longtemps. C’est sous la forme d’un Sanglier, — d’autres disent d’un Cochon blanc, — qu’il vient se mesurer avec le démon. Après l’avoir terrassé, il soulève avec ses défenses la Terre, que les efforts du démon avaient déjà fait pencher vers l’abime, et la remet en équilibre à la surface de l’Océan.
Dans son quatrième avatar, Vishnou, pour combattre un géant qui l’avait provoqué, s’incarne en une sorte de Chimère, moitié Homme, moitié Lion. A partir de ce moment il ne revêt plus que la forme humaine. Je ne puis néanmoins passer sous silence la septième incarnais