‹ L'homme et la bêteChapitre 125 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L’Entelle est un joli animal aux formes sveltes, d’une vivacité et d’une agilité extraordinaires. C’est merveille de le voir grimper en un clin d’œil de la base au sommet des plus grands arbres , redescendre avec la même rapidité, exécuter des sauts de plusieurs mètres et passer, presque sans toucher terre, d’un bout à l’autre d’un jardin.

Les voyageurs ont cité de curieux exemples de la déférence des Hindous pour l’Entelle et de l’horreur que leur inspire tout attenlat commis sur la personne d’un de ces animaux. Tavernier raconte qu’un jeune Hollandais, récemment arrivé dans l’Inde, ayant, de sa fenêtre, tué un Entelle, cette action souleva contre lui une émeute qu’on eut grand’peine à apaiser. L’imprudent fut obligé de quitter la localité, les habitants étant convaincus que sa présence ne manquerait pas d'attirer sur eux les plus grands malheurs. Duvaucel, pendant les premiers temps de son séjour dans le pays, ne put jamais tuer un seul Entelle, empêché qu’il en fut toujours par les indigènes. Un zélé brahmane alla même jusqu’à demeurer tout un mois en faction près de sa demeure, afin d’épier tousses mouvements et d’éloigner les Singes dès qu’il voyait l’étranger faire mine de prendre son fusil. Entin, le missionnaire John rapporte que les Entelies s’introduisaient chez lui et qu’il avait toutes les peines du monde à préserver sa garde-robe de leursdéprédations. Il vit un jour un Fakir attaqué avec fureur par des Singes qu’il avait assemblés auprès de sa tente, mais auxquels, contre leur attente, il n’avait rien donné à manger; et le peuple, loin de prendre sa défense, l’insulta en lui reprochant

d’avoir trompé ces animaux, et en l’accusant môme de les avoir battus.

Les Birmans, très-superstitieux, ont emprunté à la mythologie brahmanique la légende du singe Hanouman , en y ajoutant les accessoires les plus bizarres. Leurs livres sacrés disent qu’un certain Nât (demi-dieu ou saint), appelé Mannât, étant mort, son âme passa dans le ventre

Fakir battu pnr des Singes.

d’une femelle de Singe; celle-ci mit au monde un Singe énorme, qui n’était autre que le Nât, et qui reçut le nom d’Hanouman. Ce Singe est doué d’une agilité telle, qu’il peut d’un seul bond s’élancer jusqu’au ciel, ou franchir une mer de quarante oudjainas de largeur. Sa force prodigieuse lui permet d’arracher et de transporter n’im-

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