CHAPITRE VIII
tion des nouveaux affiliés. Le candidat, frappé à coups de bâton, de maillet et de lanières de cuir, devait pendant un certain temps sauter en tournoyant dans un cercle tracé par le grand prêtre; et si par malheur il dépassait la ligne fatale, il périssait aussitôt assommé ou poignardé.
Culte du Voudou.
Si au contraire il sortait victorieux de cette épreuve, il prenait place parmi les élus, et la nuit s’achevait au milieu d’une orgie indescriptible.
En outre du dieu public adoré par toute la peuplade, et qui est tantôt un Serpent, tantôt un Crocodile ou un
LKS MANITOUS-BÊTES.
autre animal, ou môme un objet inanimé, la plupar t des nègres d’Afrique ont leurs dieux particuliers, leurs fétiches personnels ou Criyris. Ces petites idoles portatives qu’ils se suspendent au cou, au nez, aux oreilles, ou qu’ils gardent dans leurs Inities, sont ordinairement des ligures d’hommes ou d’animaux, réels ou fantastiques, grossièrement taillées dans le bois ou la pierre.
On a trouvé des superstitions à peu près semblables chez presque tous les Sauvages de l’Ancien et du Nouveau Monde et de la Polynésie. Les Indiens Peaux-rouges de l'Amérique septentrionale ont leurs fétiches appelés Manitous. I.es Caraïbes de Saint-Domingue donnaient à leurs divinités, d’après Herrera, le nom de Zanez, et à l'époque de la conquête, on trouva ces fétiches cachés dans la terre. Plusieurs représentaient des Tortues et des Caïmans.
Les Lettres des missionnaires (tome XI) et Marquette (Mœurs des Illinois donnent de curieux détails sur la théologie des nations qui pouvaient passer pour les plus intelligentes ou, comme dit le P. I^rfiiteau, les plus spirituelles parmi les Peaux-rouges. Chaque guerrier ou chef choisissait son manitou. C’était d’ordinaire un animal ou seulement la peau de cet animal, que le Peau-rouge emmenait ou emportait avec lui, et à qui il adressait ses vœux et offrait des sacrifices. Mais cette hôte ou cette peau de hôte n’était pas, en réalité, le manitou lui-même : ce n’était que le symbole visible d’un être semblable qui habitait le monde des Esprits, et de là animait et gouvernait tous les êtres de même espèce. Ainsi, celui qui avait pour manitou un Bison adorait, sous la forme de ce Ruminant,