CHAPITRE IX
mènes constituait un art, une science môme, dont les re présentants les plus accrédités étaient à Rome les Aruspices, mais que chacun pouvait apprendre et pratiquer à son gré.
Les Aruspices tiraient leur origine d’Étrurie. Ils n'avaient point sous la république d’autorité officiellement reconnue, bien qu’ils fussent souvent consultés par le Sénat, les Curies, les Consuls, en un mot, comme on dirait aujourd’hui, par les grands pouvoirs de l’Etat. Ce fut seulement sous les Césars qu’ils se formèrent en un corps régulier, composé de soixante membres. Il en était autrement des Augures, dont l’institution remontait au temps de la fondation de Rome. Celix-ci étaient revêtus du caractère sacerdotal. Leur collège se recrutait, par voie de cooptation , parmi les personnages considérables de la république. Cicéron en fit partie, et il parle de la «lignite d’Augure comme d’une des plus importantes de l’Etat.
Les Augures avaient pour chef leur doyen d'âge , qui prenait le titre de maître ( mat/iler coller/ii ; ils obéissaient à un règlement sévère, et puisaient les préceptes de leur art dans des livres réputés sacrés : libri augurâtes. Leurs fonctions consistaient : à examiner et à interpréter divers phénomènes , que l’on considérait comme des manifestations de la volonté céleste ou des avertissements donnés par les dieux ( cela s’appelait « prendre les auspices d) ; à prescrire les expiations exigées parles prodiges ( portenla ); à donner leur avis sur les choses religieuses et à conserver les traditions relatives au cérémonial observé dans les solennités pu-
PRÉSAGES
blic|iies. Ils pouvaient empêcher les comices de voter, ou annuler leurs votes. Qu’un seul Augure prononçât au milieu de l’assemblée du peuple ces deux mots a alio die (à un autre jour), » l’assemblée se dissolvait à l’instant, et il arriva plus d’une fois qu’un décret rendu par le collège augurai mit à néant des lois qui avaient subi toutes les formalités requises. Les Augures accompagnaient toujours les généraux dans leurs expéditions, et ceux-ci n’entraient en campagne et ne livraient bataille qu'aprcs avoir appris d’eux si l’on pouvait compter sur le succès, ou si les présages devaient faire craindre des revers. Aucun acte public ou privé ne s’accomplissait sans qu’on eût préalablement consulté les Augures.
Les auspices étaient tirés principalement do l’observation du chant ou du vol des Oiseaux, et de la façon dont se comportaient les animaux sacrés. « Les Oiseaux, par rapport aux auspices, se divisaient en deux classes : les Oscines et les Præpetes. Les premiers donnaient les présages par leur chant, les seconds par leur vol et par le mouvement de leurs ailes. Tout mouvement d’un Oiseau quelconque avait un sens différent, selon les circonstances et l’époque île l’année. Les Oiseaux se partageaient encore en Dexlræ observés à droite) et Si nitlræ (observés à gauche)... Chez les Grecs et chez les Romains on était d’accord sur ce point, que les signes favorables venaient de l’orient; mais pour prendre les auspices, le prêtre grec se tournait vers le nord, et par conséquent avait l’est à sa droite; tandis que l’Augure romain, au contraire, se tournait vers le sud et avait ainsi l’est à sa gauche. En outre, la règle elle-même n’était pas absolue,