LUS ANIMAUX CIVILISATEURS
bitudes homicides : habitudes bien antérieures, selon toute probabilité, à l’introduction de ces animaux. Il est bien vrai que l’anthropophagie exerce aussi ses fureurs parmi des peuplades qui habitent, sur de vastes continents, tles contrées fertiles, où elles ne manquent ni d’espace pour s’étendre et se disperser à leur gré, ni do gibier pour se nourrir, ni même d’animaux susceptibles d’être réduits en domesticité. C’est ce qu’on voit, par exemple, dans presque toute l’Afrique équatoriale, ainsi que dans certaines parties de l’Amérique du Sud.
Mais encore une fois il ne faut pas oublier que l’Homme est un animal essentiellement carnassier et, de plus, très-méchant et très-cruel; que le sens moral ne se développe en lui qu’avec une extrême lenteur, et souvent même ne se développe point du tout. Il faut tenir compte aussi du caractère et du degré d’intelligence propres à chaque race, et qui paraissent dépendre de diverses circonstances sur lesquelles nous n’avons pas à nous arrêter.
Ces réserves faites, on ne saurait méconnaître que très-généralement les Sauvages qui ont à leur disposition du gibier en quantité suftisante, et plus généralement encore ceux qui possèdent des animaux domestiques, s'abstiennent de chair humaine, ou n’en mangent (pie dans de certaines occasions, en vertu de préjugés religieux, de superstitions, ou seulement par esprit de vengeance. Je n’irai pas assurément jusqu’à me faire le champion de la thèse, manifestement fausse, soutenue par un très-spirituel niais très-paradoxal écrivain, M. Toussenel, qui, dans son livre de l'Esprit des bêles,
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