‹ L'homme et la bêteChapitre 16 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

prétend cjue les Sauvages sont ou ne sont pas anthropophages suivant qu’ils sont ou ne sont pas privés de L’assistance du Chien; que « l'anthropophagie est un mal endémique aux contrées déshéritées du Chien ». Il serait facile d’opposer à M. Tousscnel plus d’un exemple de peuplades insulaires ou continentales qui ont des Chiens, et qui néanmoins sont anthropophages, et réciproquement.

Ixs Indiens de la Terre de Feu ont des Chiens excellents pour la chasse. Ils sont néanmoins cannibales : ils mangent non-seulement ceux de leurs ennemis qui ont succombé dans la bataille; mais ils achèvent les blessés et égorgent les prisonniers pour les dévorer. En outre, dans les hivers rigoureux, lorsque les vivres viennent à manquer, « ils prennent, dit Fitz-Roy, la plus vieille femme de la troupe, lui tiennent la tête au-dessus de l’épaisse fumée d'un feu de bois vert, et l’étranglent en lui serrant la gorge ». Après quoi ils la mangent morceau par morceau, sans en rien laisser. Fitz-Roy leur ayant demandé pourquoi ils ne tuaient pas les Chiens, ils répondirent fort judicieusement : « Le Chien prend \lappo (la Loutre). »

Par contre, les Mincopies, naturels des îles Andaman, que le professeur Owen considère comme « étant peutêtre le peuple le plus primitif, celui qui occupe le plus lias échelon de la civilisation » , les Mincopies qui no possèdent ni Chiens ni autres animaux domestiques, se contentent honnêtement, pour toute nourriture, de Poissons, de Crustacés, de coquillages, de fruits et quelquefois de petits Cochons sauvages, qu’ils tuent dans les jungles. Les Australiens, qui n ont pas non plus d’ani-

Il» prennent la plus vieille femme de la troupe (p. GO).'

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