CHAPITRE I
connaît guère d’autre loi que ses caprices, et ses caprices ne se distinguent généralement pas par un excès de bénignité. L’instinct de la destruction et de la lutte, — ce que les phrénologistes appellent destructivité et combativité, — est chez lui prodigieusement développé, et dégénère aisément en une passion assez intense pour étouffer le sentiment de ses plus chers intérêts et jusqu’à l’instinct de conservation. Sous l’empire de cette passion, l’Homme n’épargne pas son semblable et risque volontiers sa propre vie. On conçoit donc qu'à plus forte raison il n’épargne pas les animaux, et qu’un de ses premiers et de ses plus chers passe-temps soit de les tuer : d’autant que celte occupation est pour lui, dans le principe, une nécessité de tous les jours. L’Homme primitif, en effet, le Sauvage vit presque exclusivement du produit de sa chasse ou de sa pêche, lorsque même il ne vit pas du produit de la guerre, qui n’est pour lui (prune chasse plus dangereuse , mais aussi plus glorieuse et plus profitable que la chasse ordinaire.
Plus tard, quand l’Homme passe de l’état sauvage à l’état pastoral, agricole, industriel, à la civilisation enlin, la chasse lui rend encore d’incontestables services, puisqu’elle lui fournit toujours des aliments, des vêtements , des parures et diverses matières ouvrables. Elle dev ient alors pour certains individus une profession plus ou moins lucrative, qui exige du courage, de l’adresse, de la vigueur, et quelquefois des qualités toutes spéciales; pour d’autres elle n’est plus qu'un exercice et un plaisir; mais cet exercice prend bientôt les caractères et les proportions d'un art savant et compliqué, qui a ses théo-
LA CHASSE
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ries, scs méthodes , ses traditions; qui a aussi ses maëstri, ses virtuoses et ses dileltanti.
Ainsi perfectionnée et anoblie, la chasse change de caractère : elle cesse d’ètrc un exercice pour devenir un spectacle. Le rôle actif de l’Homme ne consiste plus qu’à choisir et à dresser les animaux qui devront sous ses
I)aim. — Cerf. — Biche. — Chevreuil.
yeux poursuivre le gibier, l’atteindre et s'en rendre maîtres. Ces animaux sont le plus ordinairement des Chiens ; ce sont des Chiens qu’on emploie dans la grande vénerie, dans la chasse à courre, pour forcer les Cerfs, les Daims, les Élans, les Sangliers, les Loups, les Re-