CHAPITRE I
nards. Mais l'Homme a su varier ses plaisirs en se donnant parfois d’autres auxiliaires. Nous avons vu qu’en Orient on chasse avec le Guépard , quelquefois avec la Panthère, et même, assure-t-on, avec le Lion.
De même qu'il se sert des Mammifères carnivores pour chasser les hôtes des hois, de même aussi pour faire la guerre aux habitants de Pair, l'Homme recrute ses alliés dans l’ordre des Oiseaux de proie, grands chasseurs de leur nature. Non-seulement il les réduit en domesticité, mais il les soumet à une éducation spéciale, qui varie selon l'espèce de l’élève et selon le genre de volerie auquel on le destine. La plupart de ces Oiseaux appartiennent au genre Faucon (Falco, sous-ordre des Accipitres, famille des Falconidés), d'où le nom de fauconnerie donné à l’art dont je parle. La vénerie et la fauconnerie faisaient autrefois en Europe les délices des grands, et le faste des rois avait élevé ces divertissements princiers à la hauteur d’institutions d’État. En France, d’après Hinemar, quatre veneurs étaient attachés à la cour des rois de la première race. Au XIIF siècle, les officiers de la vénerie furent placés sous le commandement d’un chef qui porta successivement les titres de maître veneur (1231), maître de la vénerie ( 1344), et grand veneur ( 1-444). Au XIV e siècle, il reçut en outre la charge de grand forestier. C’était un des grands officiers de la couronne. Il commandait en chef tous les équipages de la vénerie, destinés chacun à tachasse d'une espèce déterminée de bète fauve, et dirigés par des lieutenants et des sous-lieutenants. Ces officiers, tous gentishommes de bonne roche, avaient sous leurs ordres une armée de
Chasse 1 l'Oiseau tous Louis XIII.
LA CHASSE
pages, de piqueurs, de valets de Limiers et de valets de Chiens.
A côté de la vénerie il y avait la louveterie, appartenant aussi à la maison du roi , et organisée d’après les mêmes principes hiérarchiques. L’origine de cette institution, fondée primitivement dans un but d’utilité publique, remontait à Charlemagne. Ce prince avait enjoint à ses comtes d’entretenir dans leurs provinces respectives des équipages pour la destruction des Loups, alors très-nombreux, et qui faisaient de grands ravages. Plus tard cette mission tutélaire fut confiée aux baillis et aux sénéchaux; mais au XV' siècle la direction en fut remise aux mains d’un chef suprême, officier de la maison du roi, qui prit le titre de grand Iouvctier de France. Le grand louvetier avait sous ses ordres des lieutenants de louveterie, disséminés dans les provinces. Comme marque de sa dignité, il portait dans son blason, au-dessous de Vécu, deux tètes de Loup. La louveterie, supprimée par la révolution , fut rétablie en 181V et placée dans les attributions du grand veneur; mais en 1830 elle fut définitivement annexée à l’administration des forêts. Il existe encore aujourd’hui, dans quelques parties delà France, des lieutenants de louveterie ; mais ce sont simplement de riches propriétaires, choisis par l’administration, etqui s’engagent volontairement, pour l’amour de l’art et du bien public, à entretenir un équipage de chasse dont la composition est déterminée. Ils ne reçoivent aucune rétribution et jouissent seulement de certains privilèges; ils ont, par exemple, le droit de chasser le Sanglier à courre deux fois par mois dans les forêts de l’État com-