CHAPITRE I
prises dans leur circonscription ; ce qui fait qu'en somme ces louveliers tuent beaucoup de Sangliers et fort peu de Loups; et cela par le motif, très-plausible, que les Sangliers sont encore assez communs en France, tandis que les Loups y sont devenus fort rares.
La fauconnerie avait sous l’ancienne monarchie une organisation à peu près semblable à celle de la vénerie et de la louveterie. A la tète se trouvait un grand officier de roi, qui fut appelé, selon les temps, fauconnier du roi, mestre fauconnier du roi, premier fauconnier du roi, grand fauconnier de France, et enfin, à partir du XV' siècle, grand fauconnier, (le personnage, pour signe héraldique de sa charge, ajoutait à ses armoiries, de chaque côté de l’écu, une longe à laquelle pendait un leurre parsemé de fleurs de lis d’or.
Louis XIII s’est distingué entre tous les rois de France par sa passion pour la fauconnerie. La chasse à l’Oiseau était la grande affaire de sa vie, et, je crois bien, son unique talent; mais il y excellait. « Le roy, dit d’Arcussia, s’exerce à toutes sortes de vols, et se peut dire avec vérité qu’il n’y a fauconnier au monde qui luy puisse rien apprendre en cette science. J’en parle pour en avoir veu les effeets. Et si je diray encore qu’il n’y a sorte d'Oyseau <pie les siens ne prennent; les Aigles mcsme ne s’en peuvent sauver. » Et plus loin : « Il semble que le roy ait quelque secrette intelligence sur les Oyseaux et une puissance incogneué aux Hommes. Et à la vérité, outre une inclination grande dont il les aime, il a une inimitable adresse à les traieter, soit à les leurrer ou à les faire voler : ce qui ne se peut représenter par discours. Les
Lliaasc ju\ Loups.
LA CHASSE
inventions que Sa Majesté trouve tous les jours de nouveau le tesmoignent. »
De nos jours la chasse à courre est encore en honneur chez les princes et chez les personnages d’importance. Il est encore de mode, parmi les gens qui jouissent d une belle fortune et mènent grand train, de posséder de beaux équipages de vénerie et d’entretenir des meutes pour chasser la grosse bêle. La chasse au Cerf, notamment, a conservé, dans les pays monarchiques ou aristocratiques, un certain relief. C’est plus qu’un divertissement : c’est une fête à laquelle on veut conserver son caractère traditionnel, en l’entourant d’une pompe théâtrale. Ceux qui y prennent art, quel que soit leur rang, croient devoir revêtir, pour cette solennité cynégétique, des costumes galonnés qui leur donnent tout l’air d’une troupe d’écuvers du cirque Franconi. Toute l’armée des piqueurs et des valets est sur pied, avec les meutes au grand complet. Les dames suivent à cheval ou en voiture; on part « dès l’aurore ». Les sons stridents du cor retentissent , mêlés aux aboiements des Chiens. C’est une musique violente bien faite pour ahurir le noble animal auquel les anciens attribuaient une ouïe délicate et le goût passionné des douces mélodies. Le Cerf est lancé. Il s’agit de le forcer, c’est-à-dire de le poursuivre à travers bois, prés, monts, étangs et rivières, jusqu’à ce qu’épuisé, acculé, il ne lui reste plus qu’à faire tète aux Chiens et à vendre chèrement sa vie.
Alors s’engage entre la pauvre bête et ses agresseurs un combat désespéré où quelques-uns de ceux-ci périssent, mais dont l’issue ne peut être douteuse. Accablé par le nom-