CHAPITRE I' r
lire, le Cerf tombe en pleurant ; mais il ne faut pas qu’il périsse sous la dent des Chiens. C’est un des chasseurs , ordinairement le plus élevé en dignité, ou celufen l’honneur de qui se donne la fête , qui doit égorger solennellement la victime. On sonne alors Vliallali, la fanfare du triomphe, et l’on rentre au château pour la curée. A la lueur rouge des flambeaux, en présence de tous les invités, j compris les dames, le Cerf est éventré, et ses entrailles sont jetées aux Chiens. Quand les Chiens ont solipé, les chasseurs soupent à leur tour, et la journée finit gaiement inlcr pocula. Voilà, en somme, si je ne me trompe, comment les choses se passent ; mais je dois avouer en toute humilité que je n’ai jamais vu de chasse à courre, que je n’ai nulle envie d’en voir et ne suis point de ceux qui regrettent l'abandon, la décadence de ce féroce plaisir. La chasse au Cerf, en effet, ne me semble nullement un plaisir de héros. Ce n’est pas une lutte : le chasseur n’v court aucun danger, ne se donne aucune peine. Ce sont les piqueurs et les Chiens qui font toute la besogne, et ceux-ci seulement qui risquent quelque chose. La victoire, d’avance assurée, n’est qu'une question de temps. Le Cerf, seul contre une légion d’hommes et de Chiens, n’est pas un ennemi que l’on attaque et que l’on combat loyalement : c’est un condamné — un condamné innocent! — qu’on fait traquer, poursuivre, déchirer par des Limiers, cl que l’on tue en cérémonie.
Si la chasse à courre est en décadence, la chasse à l’Oiseau est presque entièrement oubliée aujourd’hui, au moins en Europe. On assure néanmoins que cette chasse se pratique encore en Angleterre, en Écosse, en Hollande,
-'hallali.
LA. CHASSE
en Russie et en Suède. M. Le Maout, dans son Histoire naturelle des Oiseaux, parle môme d’un village du nom de Falken-Uauzer, situé en Belgique, près de Namur, et dont les habitants auraient pour unique industrie l’éducation des Faucons. « Ils vont, dit M. Le Maout, chercher des Oiseaux dans le Hanovre, reviennent les dresser dans
Faucons.
leur village, et les vendent ensuite dans le nord de l’Europe, à l’aide de correspondances qu’ils entretiennent avec soin. Lorsqu’ils ont placé un Faucon dressé, ils restent chez l’acheteur jusqu’à ce que le Faucon soit habitué à obéir à la voix de son nouveau maître. » D’autre part, selon MM. Chenu, Verreaux et des Murs, auteurs du seul