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traité de fauconnerie qui ait été écrit de nos jours les derniers fauconniers habitaient en Hollande, au commencement de notre siècle, le village de Walkenswaard. « Cependant, on en trouve encore, ajoutent ces savants ornithologistes, et tous les ans une nombreuse société, i Hawking-club) se réunit, du 15 mai au 15 juillet, dans une dépendance du château royal de Loo, pour voler le Héron. La société est présidée par le roi des Pays- Bas, et prend chaque année de cent à deux cents Hérons. v
Du reste si la chasse à l’Oiseau est abandonnée dans la plus grande partie de l’Europe, il n’en est pas de même en Orient et dans le nord de l’Afrique. Les Arabes du Sahara sont passionnés pour cette chasse. « Et comment en serait-il autrement? disait un chef nomade au général Damnas; nous estimons le faste, l’éclat, la magnificence, et il faudrait n’être pas Arabe pour ne pas s’exalter, se réjouir à la vue de nos guerriers revenant d’une chasse au Faucon. » En Égypte, en Perse et jusque dans l’Hindoustan, la fauconnerie n’est pas moins estimée et recherchée des princes et des seigneurs qu’elle ne l’était en Europe il y a trois ou quatre siècles. On dresse les Faucons à chasser non-seulement d'autres Oiseaux, mais aussi de petits Mammifères, et particulièrement des Gazelles. Cette dernière chasse est assurément un des plus barbares plaisirs que l’Homme ait jamais inventés. On y emploie des Faucons et des Chiens. La Gazelle est tellement rapide à la course, qu'ello échapperait au lévrier
* La Fauconnerie ancienne et moderne, I vol. in- 1 8; Paris, 1862.
LA CHASSE
le plus agile. Aussi lance-t-on d’abord contre elle des Faucons qui fondent sur sa tête, s’y cramponnent tour à tour, lui arrachent les yeux, et de la sorte ralentissent sa fuite. Pendant que l’inoffensive et charmante bête se débat contre ces féroces ennemis en poussant des cris lamentables, les Chiens l’atteignent ot la saisissent, puis les chasseurs l’achevèrent à coups de lance ou de fusil.
Dans le vol du Héron et des autres gibiers à plume, le chasseur n’intervient que pour ôter la victime des serres du Faucon. Souvent même il n’intervient point, car la victime n'est pas môme un gibier : c’est un Oiseau de proie ignoble, tel (pie la Buse, le Milan, l’Aigle pécheur, ou encore le Corbeau, la Pie, (pie l’on a fait voler par un Oiseau noble .-Gerfaut, Sacre, Émerillon, Épervier. Cette chasse n’est donc autre chose qu’un spectacle, un petit drame où le Faucon joue le premier rôle, et auquel le chasseur assiste en dilettante, encourageant son Oiseau du geste et de la voix , l'applaudissant s’il se comporte bravement, le grondant et le persiflant s’il se montre faible, paresseux ou maladroit.