CHAPITRE II
lui. C’était un précédent qui imposait aux pourvoyeurs de ses plaisirs de graves obligations. Heureusement les conquêtes de la république permirent bientôt aux généraux et aux proconsuls de mettre à contribution nonseulement les forêts de l’Europe, mais les déserts, les montagnes et les fleuves de l’Asie et de l’Afrique. Par leurs soins on vit, dès la fin du \ I* siècle l rbis condilx, arriver à Rome des troupeaux entiers de Lions et de Panthères; puis vinrent des Tigres d’Hyrcanie, des Ours «les Alpes et des Pyrénées, des Lynx et des Buffles de la Gaule et de la Germanie, des Taureaux d’Espagne, des Gazelles, des Girafes, des Lions, des Léopards et des Autruches de Numidic et de Libye, des Crocodiles d’Égypte, des Hippopotames, des Rhinocéros d’Éthiopie. On s’oceupaiten même temps de recruter etd’organiser le personnel des venationes. Car si le peuple aimait à voir des animaux carnassiers se disputer et déchirer d’inolïensifs et timides herbivores; s’ilaimaità voir des Eléphants combattre contre des Taureaux ou des Panthères, des Buffles contre des Lions, des Rhinocéros contre des Tigres; s’il lui plaisait d’assister à la mêlée de quelques milliers d’animaux de toutes espèces lâchés ensemble dans l’arène, il n’entendait pas que ses acteurs ordinaires fussent dispensés de jouer leur rôle dans ces drames sanglants.
Les individus qui combattaient les bêtes fauves aux jeux du cirque , et qu’on désignait sous le nom de bestiaires ( bestiarii ), étaient, dans l’origine, des mercenaires distincts «les gladiateurs et considérés comme formant une classe inférieure. Ils portaient pour armes
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défensives un casque, une cuirasse, des jambières, uu bouclier, et pour arme offensive une pique ou une épée. Dans la suite, le casque, la cuirasse et le bouclier furent supprimés, et les bestiaires n’eurent plus pour armes défensivesque des bandages sur les jambes et sur lésinas. Il
Besliaiirs.
est probable qu’ayant alors à combattre des ennemis tels que des Tigres, des Lions, des Léopards, des Ours, des Buffles sauvages, ils se dégoûtèrent d’un métier si malsain, et qu’on eut de plus en plus de peine à trouver des combattants libres en nombre suffisant. Il