CHAPITRE
fallut donc recourir, comme pour le recrutement des gladiateurs, aux prisonniers de guerre et aux condamnés. Il ne serait môme nullement impossible que le besoin de gibier humain pour les grandes chasses des maîtres du monde eût été pour beaucoup dans les persécutions que plusieurs empereurs dirigèrent contre les chrétiens.
La Bète chassée et dévorée par la Bètc, la Bète chassée et tuée par l’Homme, c’était beau sans doute; mais à la longue, cela devenait un peu monotone. Il fallait varier les plaisirs du peuple : ce qu’on fit en lui montrant des Hommes et des Femmes jetés sans défense en pâture aux animaux féroces. 11 eut d'ailleurs, à diverses reprises, la satisfaction de voir des personnages de distinction , des chevaliers, des sénateurs, et même un empereur descendre dans l’arène et se mesurer avec les ennemis les plus redoutables. L’empereur-bestiaire dont je parle était Commode, un des tyrans les plus odieux qui aient déshonoré la pourpre romaine. Ce prince, taillé en athlète, aimait à faire montre de sa force extraordinaire. Il se faisait appeler Hercule, et voulut justifier ce nom en accomplissant des travaux analogues à ceux du célèbre héros grec, c’est-à-dire en exterminant, «le ses augustes mains, des monstres qui certes n’étaient pas aussi dangereux que lui. Il se donna ainsi , dit-on , sept cents fois en spectacle au peuple, et tua pour son compte plusieurs milliers d’animaux , parmi lesquels on compta jusqu’à cent Lions, plus un Tigre, un Hippopotame et un Éléphant. Un de ses exercices favoris consistait à arrêter des Autruches dans leur course rapide, en
leur abattant la tète avec des llèches dont le fer avait la forme d’un croissant.
Le peuple lui aussi fut admis, dans quelques circonstances solennelles, à prendre une part active aux chasses et aux combats du cirque. Ce fut l’empereur Probus qui donna le plus splendide, sinon le premier festival de ce