CHAPITRE III
diverses façons. Le plus ordinairement, les deux adversaires sont enfermés dans une cage faite de forts l»ambous, et qui n’a pas quatre mètres de diamètre. Il leur est ainsi impossible de s’éviter. C’est presque toujours le Buffle qui prend l’offensive. Il pousse le Tigre contre les barreaux et cherche à l’écraser, tandis que le Tigre fait de son mieux pour sauter sur le dos de son adversaire. S’il y réussit, sa victoire est assurée. Dans lo cas contraire, il n’est pas rare que le Buffle, avec ses cornes et sa robuste tète, en ait assez facilement raison.
Les princes Javanais font quelquefois combattre le Tigre et le Buffle en rase campagne, dans un vaste espace enclos, non pas de bambous , mais d’un triple rang do soldats armés de piques. D’autres soldats ont pour mission de faire sortir les animaux de leur cage et de les exciter en les piquant avec des branches épineuses ou des bâtons pointus, ou en leur jetant de l’eau bouillante, ou en les incommodant par des tourbillons de fumée. Lorsque ces soldats ont réussi de la sorte à lancer les champions dans l’arène, ils ne doivent se retirer qu’à pas mesurés et après avoir salué le prince à plusieurs reprises. Le capitaine Mundv raconte, dans ses Sketclies of India, un de ces combats où le Tigre et le Buffle s'élancèrent avec fureur l’un contre l’autre. Le premier parvint à saisir le cou de son ennemi et lui fit une profonde blessure; mais le Buffle riposta aussitôt par un si violent coup de tète, que le Tigre s’en alla retombera une grande distance, les reins brisés et hors d’état de continuer la lutte.
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