‹ L'homme et la bêteChapitre 177 sur 232 · I.KS CHIENS A LA GUERRE · texte numérisé non relu

I.KS CHIENS A LA GUERRE

en temps, au-dessus delà cage, la ligure d’un nègre, tressée en bambou. Ia? mannequin était bourré à l’intérieur de sang et d’entrailles. Les Chiens s'irritaient contre les barrières qui les retenaient en captivité , et à mesure que s’accroissait leur impatience, on rapprochait de plus en plus des barreaux de leur prison l’effigie du Nègre. Cependant leur nourriture subissait de jour en jour une réduction. Enfin, on leur jetait le mannequin , et tandis qu'ils le dévoraient avec une voracité extrême, cherchant à tirer les intestins, leurs maîtres les encourageaient avec des caresses. De cette manière, leur animosité à la vue des Noirs se développait en proportion de leur attachement pour les Blancs. Quand on jugeait cette éducation complète, on les envoyait à la chasse

« Le malheureux Nègre n’avait aucun moyen d’échapper. A terre, il était poursuivi et déchiré en pièces; s’il cherchait un refuge sur un arbre, il était trahi par les aboiements des féroces Limiers, et tombait aux mains de ses maîtres, plus féroces encore. Ce n’est pas tout. Assez négligemment gardés dans le voisinage du Cap français, ces Chiens, [dus d’une fois, se détachèrent. Des enfants Noirs, rencontrés par eux sur la grande route, furent attaqués et mangés en un clin d’œil. Souvent encore ils se jetèrent dans les champs voisins, surprirent une famille de laboureurs Noirs en train de prendre leur chétif repas, arrachèrent le nouveau-né du sein de sa mère, ou même dévorèrent l’homme, la femme et les enfants. Ces Limiers retournaient ensuite au chenil, les mâchoires hideusement barbouillées par le sang de ces pauvres Nègres,

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regardés comme innocents par les colons eux-mèmes, qu’ils nourrissaient de leur travail. »

Ixi conquête de l'Algérie par les Français fournirait une dernière page à l’Iiistoire militaire de la race canine. Notre armée d’Afrique en effet a eu, elle aussi, sa Coml>ajjnie îles Chiens, dont le rôle n’a pas été sans gloire.

Famille de nègres attaquée par des Molosses.

La plupart des auteurs qui ont parlé de l’emploi des Chiens à la guerre ou à la chasse à l’Homme ont cru de voir manifester a ce propos une philanthropique indignation. Or il me semble que s’ils avaient voulu prendre la peine d’envisager les choses avec sang-froid et sans

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