CHAPITRE IV
aux tribunaux et les mettre hors d'état de nuire, je ne vois pas ce que la morale peut gagner à ce qu’on lance à leurs trousses des limiers à deux jambes que la nature n’a doués ni de l’odorat ni de la vitesse nécessaires à ce genre «le travail , au lieu d’cstafiers à quatre pattes qui possèdent pour cela des aptitudes physiques et instinctives toutes spéciales.
Je vais plus loin, et je me hasarde à proposer à tous les gouvernements civilisés de généraliser hardiment la cynégétique militaire, et de la substituer au système stratégique usité jusqu'à ce jour. Ce serait un moyen simple d’abolir la conscription, tout en conservant les armées permanentes, puisqu'on les juge indispensables au maintien de la paix. Ces armées seraient des années de Chiens. Les officiers seuls seraient des Hommes, que la dignité de leur espèce et de leur grade dispenserait de prendre personnellement part à l’action , hormis le cas de légitime défense. Quelles économies d’argent et de vies humaines, quel accroissement d’activité et de richesse on obtiendrait de la sorte! Des centaines de mille hommes intelligents et v igoureux seraient arrachés à une oisiveté funeste, à une vie démoralisante, à un métier barbare, et laissés à leurs familles, à la société, aux travaux utiles! Les armées de Chiens seraient d’un entretien incomparablement moins coûteux que les armées d’IIommes. Elles se contenteraient de baraques d’une construction simple et légère, et les magnifiques palais qui servent aujourd’hui de casernes pourraient être transformés en cités ouvrières. Les nouveaux soldats n’auraient besoin ni de tuniques bleu-de-roi ni de pantalons garance, ni de chaus-