‹ L'homme et la bêteChapitre 18 sur 232 · LE MONDE AVANT I.TIOMME · texte numérisé non relu

LE MONDE AVANT I.TIOMME

ceaux d ’Hippariuns , plus de 700 de Rhinocéros, 500 de Tsagocerus, etc.; et il estime que, malgré la multitude des animaux observés dans plusieurs parties de l’Afrique, on n’y pourrait trouver sur un espace aussi restreint une agglomération d’individus plus considérable. 11 faut remarquer aussi que la petite faune manque, ou du moins n’a pas encore été découverte à Pikermi. Avant de devenir la patrie des grands hommes, l’Attique était celle des colosses du règne animal. Il est donc infiniment probable qu’à l’époque pliocène la Grèce n’avait pas été réduite par les affaissements du sol, et par les empiétements de la mer, aux dimensions exiguës (pie nous lui voyons, et (pie les régions actuellement recouvertes par les flots étaient d’immenses plaines reliant l’Europe à l’Asie.

« Il faut croire, dit M. A. Gaudry, que les campagnes étaient non-seulement plus vastes, mais aussi plus riches que de nos jours. Les chaînes de marbre du Pentélique, de l’Hvmète, du Laurium ne portent le plus souvent que d’humbles herbes bonnes à nourrir les Abeilles ; il est probable que dans les anciens temps il y avait au delà de ces montagnes des vallées d’une végétation luxuriante , où de grasses prairies alternaient avec des bois magnifiques, car la fécondité du règne animal fait supposer nécessairement celle du règne végétal.

« Les paysages étaient animés par les Mammifères les plus variés : ici des Rhinocéros à deux cornes et d’énormes Sangliers (entre autres le Sanglier d’Erymanllte ) ' ; là des Singes gambadant parmi les rochers où

1 En donnant ce nom au Sanglier fossile de la Grèce, les paléonlolo-

des carnassiers (le la famille des Martres, des Civettes et des Chats guettaient leur proie. Les antres de marbre du l’entélique servaient d’habitation à des Hyènes. De même que les Couaggas et les Zèbres d’Afrique, les Hipparions couraient en troupes immenses dans les plaines. Non moins rapides qu’eux et plus élégantes encore, les Antilopes composaient également de grandes bandes. Chaque, troupeau d’espèce différente se reconnaissait à la forme des cornes. Celles des Palæoreas se tournaient en spirale, comme chez le Canna du Cap; celles des Antidorcas se courbaient ainsi que les branches d’une lyre; elles étaient longues et arquées chez le Palæoryx ; sur d’autres Antilopes elles étaient pareilles aux cornes des Gazelles, et sur le T ragocerus elles simulaient la disposition propre, aux Chèvres. Le Palæotrayus se distinguait par ses proportions grêles et sa tête étroite, dont les cornes étaient posées sur les yeux. L’Helladotlierium et une Girafe voisine de la Girafe actuelle dominaient au milieu de ces Ruminants. L’Édenté aux doigts crochus que j’ai proposé d’appeler Ancylolherium était aussi une bête imposante. Mais le plus majestueux de tous ces animaux était le Dinotherium. Combien il devait être beau à voir, lorsqu'il s'avancait escorté du Mastodonte à dents mamelonnées et du Mastodonte à dents tapiroïdes! On entendait les rugissements du terrible Machairodus à canines en forme de poignard ' . Rien d’autres espèces accompagnaient celles que je viens d’indiquer. A leurs cris se mêlaient

listes n'ont nullement voulu donner à entendre, on le pense bien, que le monstre vaincu par Hercule appartint à cette espèce.

1 l.e Machairodua cultriiiéns, énorme carnassier voisin du Lion, aurait

N uc idéale d'un paysage de l’Atiiquc à l’époque pliocène.

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