‹ L'homme et la bêteChapitre 191 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

comble, a c'est une vraie course ». Les dames sont aux balcons , applaudissant les plus adroits et les plus hardis.

«Hélas! cette fêle nationale est tout-à-coup interrompue par la garde civile, qui arrive, surprend les factieux et en fusille trois ! Le conseiller municipal connaissait les mœurs de son pays. 11 lâcha trois de ses taureaux, qui servirent à amuser l’ennemi, pendant qu’un exprès avertissait la garde civile cantonnée à quelques kilomètres de là. »

On a tenté, à plusieurs reprises, et cela il y a peu d’années encore, d’introduire en France les combats de Taureaux. Dans certains départements, — voisins de l’Espagne, il est vrai , — on les a autorisés, encouragés même. Mais la presse n'a eu qu’une seule voix pour condamner cette complaisance , et l’opinion publique l’a énergiquement réprouvée. Ces combats sont dans notre pays une monstruosité. C’est, de plus, une violation de la loi. Au mois de mai 1808, au moment où le maire de Périgueux venait d’autoriser une course à mort , il fut rappelé à son devoir par un avis du préfet, quilui-mème avait reçu de M. de La Valette, alors ministre de l’intérieur, une lettre se terminant ainsi : « Si le gouvernement ne se hâtait de restreindre les courses de Taureaux dans les limites de la loi, s’il usait encore d’une tolérance dont plusieurs autres villes ne manqueraient pas de se prévaloir, un spectacle qui n’est point fait pour nos mœurs, et dont l'influence peut être dangereuse, s’introduirait en France, et de proche en proche prendrait rang parmi les réjouissances offertes aux popula-

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