‹ L'homme et la bêteChapitre 45 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lien entendu, que des animaux supérieurs, c’est-à-dire des Vertébrés). Mais l'expérience semble démontrer que le nombre des espèces susceptibles de domestication est extrêmement restreint. Cependant, plusieurs naturalistes ont pensé que l’expérience était ici peu probante ; que si l’on n’a réussi jusqu’à présent à domestiquer que très-peu d’animaux, c’est qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait pour en rallier davantage, et qu’il en est dont il ne tiendrait qu’à nous de faire nos très-humbles et très-utiles serviteurs.

On a signalé, entre autres, parmi les Carnivores, le Loup et le Guépard; parmi les Herbivores, l’Éléphant; parmi les Primates, les grands Singes.

« Le Loup, dit M. Brehm, a les mêmes facultés que le Chien ; il a comme lui la force, la patience, les sens développés, l’intelligence ; mais il n’en a ni la noblesse de caractère, ni le dévouement; ce qui tient peut-être à ce que l’Homme n’a point fait son éducation ; qu’on fasse abstraction de celle-ci, et le Chien domestique n’est plus qu’un Loup. Si le Loup est égoïste, ce qui nous le fait paraître tout l’opposé du Chien, c’est probablement parce que ses bonnes qualités n’ont point été développées*. »

Encore n’est-il pas juste de dire que le Loup est égoïste, qu’il n’a ni dévouement ni sensibilité. S’il ne fait paraître à l’état sauvage que des instincts farouches et sanguinaires, il se montre sous un tout autre jour lorsqu’il a été pris jeune et traité avec douceur. M. Brehm luimême en donne la preuve par plusieurs exemples. Le plu3 significatif est emprunté à Fréd. Cuvier. C’est celui

1 Vie des animmix illusMe, 1. 1" (4 vol. in-4° ; Paris,

LES ANIMAUX DOMESTICABLES

d’un Loup qui, élevé comme un jeune Chien, s’était attaché à son maître au point de le suivre partout, d’obéir à sa voix et à son moindre signe, et de souffrir visiblement toutes les fois qu’il le perdait de vue pendant quelque temps. 11 arriva que le maître, obligé de voyager, et ne pouvant emmener avec lui son Loup, fit

Loups.

don de cet animal à la ménagerie du Jardin des plantes de Paris. C’est là que F. Cuvier en fit connaissance. « Enfermé dans une loge, dit cet excellent observateur, le Loup fut plusieurs semaines sans montrer aucune gaieté et mangeant à peine; mais sa santé se rétablit; il s’attacha à ses gardiens et paraissait avoir oublié toutes

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