CHAPITRE VII
par les Romains, et que nulle part ils n’ont pu devenir domestiques, on conviendra qu’il y a lieu de croire que leur nature se refuse à ce mode d’appropriation. Peutêtre cependant parviendrait-on à leur faire perdre tout souvenir de la vie sauvage si l’on pouvait agir sur plusieurs générations successives. Mais pour cela il faudrait qu’ils se rcpVoduisissent en captivité; ce qu’on n’a pu encore obtenir, ainsi que je l’ai dit. Les femelles dont parle Boitard, et qui allaitent dans les ménageries ou dans les liaras, sont sans doute celles qui avaient été prises étant dans une « position intéressante , » et qui ont mis bas après leur capture. On a pu ainsi, à la vérité, élever de jeunes éléphants qui n’avaient point connu la liberté; mais il parait que cela ne suffisait pas pour éteindre en eux l’horreur instinctive de la servitude.
M. Victor Meunier a fait connaître un travail de M. Z. Collaux sur la Cause de la stérilité des Éléphants domestiques. Cette cause, selon M. Collaux, serait l’absence ou l’insuffisance d’exercice. « Il faut savoir, dit M. V. Meunier, que l’Éléphant est capable de faire vingt à vingtcinq lieues par jour, et même [dus. Le remède, cela va de soi, consisterait à leur faire dépenser leur activité. M. Collaux voudrait qu’on les fit courir dans un cirque spacieux, ce qui serait un très-beau spectacle, et « qu’au « besoin on leur fit traîner des voitures de pierre de taille « et de moellons, et de grands tombereaux de terre', n Certes, ce serait là un grand soulagement pour les pauvres Chevaux à qui l’on impose si souvent un travail au-
1 Essais scientilùiucs, t. III, 2 e partie (in-18; Paris, I8 j!)).
DK LA DOMESTICATION DES ÊLÉPIIANTS.
dessus de leurs forces, et les Éléphants eussent été do précieuses hôtes pour charrier les énormes blocs de pierre qu’on transportait par centaines dans nos rues, au temps où s’opéraient la transformation et les embellissements de Paris. Monter les rampes les plus roides avec une
Éli'pliaiits charriant un caiiou.
charge de quelques milliers ne serait qu’un jeu pour ces colosses. On en peut juger par ce récit du comte Édouard de Warren.
« Pendant la guerre duCoorg, dit cet historien militaire, nous pûmes apprécier l’intelligence des Éléphants