‹ L'homme et la bêteChapitre 56 sur 232 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

sont singulièrement sensibles à la honte : le vaincu fuit à la voix du vainqueur, et lui présente de la terre et de la verveine. »

On sait que les Éléphants furent souvent employés à la guerre par les anciens. Ce sont pourtant des animaux assez poltrons, toujours disposés à chercher leur salut-

Êléplianis à la guerre.

dans la fuite, et ne faisant tête à l’ennemi que lorsqu’ils se voient la retraite coupée, ou que la douleur les a rendus furieux. Mais le rôle qu’ils avaient autrefois à remplir dans la tactique militaire n’exigeait pas de leur part de grands efforts de bravoure. Il consistait surtout à effrayer par leur aspect les gens qui n’avaient jamais vu de

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monstres de leur espèce, ou à porter sur leur dos de petites tours en bois , du haut desquelles les soldats lançaient des (lèches et des javelots, sans pouvoir être eux-mêmes atteints par les projectiles de l’ennemi. Ces auxiliaires causaient, du reste, pour l’ordinaire, plus d’embarras qu’ils ne rendaient de services, et devenaient souvent plus dangereux pour l’armée dont ils faisaient partie que pour l’armée opposée. Ils ne semblaient redoutables qu’à ceux qui ne les connaissaient pas, et lorsqu’une fois on avait pu les juger, il suffisait de pousser de grands cris pour les effrayer et les ahurir. Ils s’enfuyaient alors en tumulte, et jetaient dans leur propre armée un désordre dont il n’était pas difficile de profiter pour rendre la déroute complète. A la bataille de Gadamarta (315 avant J.-C.), entre Eumène et Antigone, ce dernier dut en grande partie la victoire aux Éléphants de son rival. Trahi par Peucestas, un de ses lieutenants, « Eumène résistait vaillamment malgré ce désavantage, dit le colonel Armandi dans son Histoire militaire des Éléphants' , lorsqu’un autre accident vint compliquer la position : son premier Éléphant, celui qui était, pour ainsi dire, chargé de conduire la bande, tomba percé de coups, et par ses cris effraya les autres, qui devinrent intraitables et s’ouvrirent passage dans toutes les directions. Les troupes légères, foulées aux pieds ou menacées de l’être, se débandèrent alors; et Eumène, voyant qu’il courait risque d'être enveloppé, se fit jour à travers les ennemis, ramenant à l’aile droite le peu de cavalerie qui lui restait. »

1 Vol. in-8% Paris, <843.

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