‹ L'homme et la bêteChapitre 57 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Lorsque Pyrrhus, roi d’Épire, vint faire la guerre aux Romains, il amena avec lui des Éléphants, qu’on voyait alors en Italie pour la première fois. Il dut à ces animaux sa première victoire ; mais la seconde lui coûta assez cher pour lui faire regretter sa téméraire entreprise , qu’il abandonna bientôt après. Les Romains avaient d’abord jugé du courage des Éléphants parleur taille colossale et par les armes dont la nature les a pourvus; puis ils ne tardèrent pas à se familiariser avec des adversaires qui n’avaient d’effrayant que l’aspect. Sept ans après, on en vit à Rome, dans un triomphe, et en l’an de Rome 504 Métellus en amena 142, qu’il avait pris aux Carthaginois. Verriusdit qu’on les fit tuer à coups de javelots pour s’en débarrasser, et Pison affirme qu’auparavant le .Sénat, pour montrer au peuple combien ces géants étaient peu redoutables, les fit pourchasser dans le cirque par des gens armés de simples bâtons. Les Carthaginois, pas plus que Pyrrhus, n’eurent à se louer de ces auxiliaires. a II est peu de guerres, dit encore le colonel Armandi , où les Éléphants aient autant figuré que dans la seconde guerre punique. Pendant seize campagnes, en Italie, en Espagne, en Afrique, les Carthaginois firent parade de ces terribles animaux. Annibal en prit environ quarante à sa suite lorsqu’il quitta l’Espagne ; il lui en restait encore trente-sept au passage du Rhône. Dans sa marche à travers les Alpes , il en tira quelque parti pour effrayer les montagnards belliqueux qui lui disputèrent le passage ; mais cet avantage fut plus que compensé par la peine qu’il eut à traîner ces lourds quadrupèdes au milieu des neiges, dans des chemins étroits, escarpés et presque

L'année (TAunibal passant les Alpes avec ses Éléphants.

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