‹ L'homme et la bêteChapitre 58 sur 232 · LES ÉLÉPHANTS A LA CLERRE. 1S · texte numérisé non relu

LES ÉLÉPHANTS A LA CLERRE. 1S

impraticables, et par les retards, les embarras et les pertes qu'ils lui causèrent. Dans une partie de la route, il fallut que l’armée travaillât trois ou quatre jours, rien que pour leur frayer le chemin, et lorsqu’ils furent arrivés en Italie, ils étaient tellement faibles qu’à peine pouvaient- ils se tenir sur leurs jambes. » A la première bataille qu’il livra aux Romains, ceux-ci lui rendirent le service de l’en débarrasser.

Alexandre le Grand , dont personne ne contestera la compétence en matière de stratégie, avait été mieux avisé qu'Annibal. 11 laissa aux barbares l’emploi des Éléphants et, dans une allocution que Quinte-Curce lui fait adresser à ses soldats sur les bords de l’Hyphase, on remarque ces paroles significatives : « Quant à moi , j’ai toujours eu un tel mépris pour ces animaux , que , pouvant en opposer à l’ennemi, je n’ai jamais voulu le faire. Je savais trop bien qu’ils sont plus dangereux pour l’armée avec laquelle ils combattent que pour l’armée ennemie. » César partagea cette opinion, et son lieutenant Hirtius, qui a écrit d’après scs inspirations, déclare que les Éléphants, même après de longues années d’instruction et de service, sont également dangereux pour l’une et l’autre armée : Commuai periculo in aciem producuntur.

« Ce mépris pour les Éléphants, dit M. le colonel Armandi, se perpétua jusqu’à la fin do l’empire dans l'esprit militaire des Romains. C’est tout au plus si l’on eut dans une ou deux circonstances une velléité de les remettre en honneur. L’empereur Claude voulut en faire figurer dans son expédition de Bretagne; il en fit même équiper

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