‹ L'homme et la bêteChapitre 67 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tagonistes, et s’échappa. » Ce dernier fait, on en conviendra, est bien naturel, et il n’est aucun animal sauvage, fût-il le plus timide et le plus bénin du monde, qui se laisse prendre sans se débattre. D’autres chasseurs ont rencontré une résistance courageuse de la part de femelles dont ils avaient blessé ou tué les petits; mais la plupart du temps la pauvre mère ne cherche qu’à emporter son petit et à lui faire un rempart de son corps.

11 en est de même du Chimpanzé, comme l’a constaté le docteur Th. Savage. « Ils ne semblent pas prendre jamais l’offensive, dit ce savant voyageur, et rarement, sinon jamais, ils se défendent. Quand ils se voient au moment d’ôtre pris, ils résistent en lançant leurs bras sur leurs adversaires et en cherchant à les attirer en contact avec leurs dents.... Les Chimpanzés montrent un degré très-remarquable d’intelligence, et la mère manifeste beaucoup d’affection pour ses petits. La première femelle que nous avons décrite était, lorsqu’on la découvrit, sur un arbre avec son compagnon et deux petits (un mâle et une femelle). Son premier mouvement fut de descendre très-rapidement et de se sauver dans le taillis avec son compagnon et la petite femelle » (ce qui prouve que chez le Singe ainsi que chez l’Homme le premier mouvement n’est pas le meilleur). « Le jeune mûle étant resté en arrière, elle retourna vite à son secours; elle monta sur l’arbre et le prit dans ses bras; à ce moment elle fut tuée » (ce qui prouve qu’une bonne action n'est pas toujours récompensée).

« Dans une autre circonstance, quand la mère fut découverte , elle resta sur l’arbre avec sa progéniture,

DOMESTICATION DES GRANDS SINGES

suivant anxieusement les mouvements du chasseur. Quand il visa, elle fit un mouvement avec sa main, précisément de la même façon qu’un être humain , comme pour dire de ne pas tirer sur elle et de s’en aller. Lorsque les blessures qu’ils reçoivent ne sont pas instantanément

Le Chimpanzé.

mortelles, on sait qu’ils en arrêtent le sang en pressant avec la main sur la région frappée ; et quand cela ne réussit pas, ils y appliquent des feuilles ou du gazon. Quand ils sont atteints par la balle, ils poussent soudain un cri

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