CHAPITRE I rr
je le répète, lorsqu’elles ne nous connaissent pas, elles ne voient en nous qu’un bipède dont les allures et les façons d’èlre peinent leur sembler bizarres, les étonner, niais ne leur inspirent d’ailleurs aucun sentiment particulier. Pour le Lion, le Tigre, le Jaguar, un homme est une proie que ces grands Carnivores attaquent et dont ils se régalent, quoi qu’on dise, sans le moindre égard pour sa haute dignité. Lorsqu’ils l'épargnent, c’est qu’ils n’ont pas faim, ou qu’ayant été précédemment blessés ou menacés par lui, ils jugent inopportun de lui offrir le combat. Les grands animaux non carnassiers, tels que l’Eléphant, le Rhinocéros, l’Hippopotame, le Buffle, le Bison, le regardent avec une parfaite indifférence, jusqu’à ce qu’ils aient acquis sur son compte des notions ipii les engagent soit à l’éviter, soit à l’attaquer. Les autres herbivores, malgré leur timidité naturelle, ne lui accordent non plus aucune attention tant qu’ils n’orit pas eu à se plaindre de lui.
Les voyageurs qui ont pénétré les premiers dans les plaines sauvages de l’intérieurde l’Afrique racontent que les troupeaux de Zèbres, d’Antilopes, de Buffles qui vivent dans ces déserts ne manifestaient d’abord à leur approche ni crainte ni défiance. Ce n’est qu’après avoir vu tomber quelques-uns des leurs sous les (lèches ou les balles des chasseurs, que ces animaux, pas si bêtes qu’on veut bien le dire, ont compris qu’ils avaient dans l’Homme un ennemi dangereux, et qu’ils ont commencé à le fuir. Les Mammifères marins, Cétacés, Phoques et Morses, ont montré au début vis-à-vis de l’Homme les mêmes dispositions pacifiques et confiantes. Ils venaient
|t;iisiblcmcnt nager et s’ébattre autour des navires, regardant avec une curiosité naïve ces grandes machines llotlantes et les êtres inconnus qui les montaient. Ces êtres les ont accueillis à coups de harpon et de fusil. Les pauvres bêles alors ont dû songera leur salut. Les unes, douces et sans armes, ont fui devant leurs persé-
( liasse aux Morses.
tuteurs et se sont retirées successivement îles parages fréquentés par eux. L’énorme, mais inoffensive Baleine, les Phoques, les Lamantins, les Dugongs ont ainsi cherché vainement leur salut dans la fuite. D’autrés, comme le terrible Cachalot et les Morses aux robustes défenses, ont essayé de résister, délivrer bataille; vaincus, ils